"Tout électrique" en ville : "si l'Etat veut l'imposer, qu'il mette les moyens"

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"Tout électrique" en ville : "si l'Etat veut l'imposer, qu'il mette les moyens"
@ AFP
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Pour lutter contre la pollution, Ségolène Royal a proposé que tous les bus et les taxis soient électriques en ville d'ici cinq ans.

Alors que l'Ile-de-France connaît un nouveau pic de pollution jeudi, pour la deuxième journée consécutive, Ségolène Royal propose une mesure choc endiguer le phénomène. La ministre de l'Ecologie souhaite que, d'ici cinq ans, tous les bus et les taxis soient électriques en ville. Une proposition qui laisse sceptique Alain Griset, le président de l'Union nationale des taxis.

"Un certain nombre de condition". Sur le principe, le syndicaliste n'est pas opposé à cette mesure, mais il estime que les technologies ne sont pas suffisamment évoluées pour que cette proposition soit instaurée prochainement. "On peut utiliser ces véhicules, mais il y a un certain nombre de conditions, en particulier d'avoir des modèles qui soient adaptés à sa profession. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas", prévient Alain Griset.

"La capacité d'autonomie n'est pas suffisante". Selon lui, les véhicules électriques sont actuellement trop petits et ne tiennent pas sur les longues distances. "La capacité d'autonomie n'est pas suffisante. Il faut des véhicules qui ont une capacité d'autonomie importante, qui permet de répondre à tout moment aux clients, qui veulent faire un trajet plus lointain. Et naturellement avoir la possibilité de transporter un nombre de passagers correspondant à l'activité des taxis aujourd'hui. Dans cinq ans, il est possible qu'il y ait des évolutions, et on les souhaite, mais dans l'immédiat on n'a pas le type de véhicules qui correspond à notre métier", résume-t-il.

"On ne peut pas imposer à un chef d'entreprise d'utiliser tel ou tel véhicule". Alain Griset souligne également le coût financier d'une telle mesure. "Naturellement, on ne peut pas imposer à un chef d'entreprise d'utiliser tel ou tel véhicule, sauf à ce que l'Etat, s'il veut l'imposer, mette les moyens nécessaires. Nous ne sommes pas dans une situation qui permet un investissement sans qu'il y ait une perte pour l'entreprise. Ce qui n'est pas acceptable dans la situation actuelle", estime-t-il. Pour d'ores et déjà rassurer les professionnels, Ségolène Royal a précisé dans une interview au Parisien que les entreprises "qui auront un projet d'envergure pour améliorer la qualité de l'air seront aidées par l'Etat".

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