Tourisme : "soutenir la destination France" face au terrorisme

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Pour Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé de la promotion du tourisme, les vacanciers ne boudent pas la France en dépit des récentes attaques terroristes.

INTERVIEW

Face au terrorisme, les Français ne sont pas les seuls à s'inquiéter. Mais les attaques qui ont endeuillé l'Hexagone ces dix-huit derniers mois ont-elles eu un impact significatif sur la vision que les touristes étrangers ont de notre pays ? La question est d’autant plus importante que la France est la première destination touristique au monde, un secteur, donc, qui est une composante essentielle du PIB et de l’attractivité économique du pays.

Deux millions d'emplois en France. "Ce que l'on constate, évidemment, c’est un impact des attentats. Quand vous voyez ce type d’images, la question de venir ou non en France se pose", reconnaît mercredi au micro de la Matinale d’Europe 1 Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger. "Mais ce que l’on constate, contrairement à d’autres pays ou le tourisme s’arrête net après un attentat, c'est que les touristes continuent à venir dans notre pays", nuance Matthias Fekl, qui rappelle que le tourisme en France représente 8% de la richesse nationale et quelque deux millions d’emplois.

Les touristes boudent Paris et l'Île-de-France. Sur les premiers moins de l’année, le nombre total de nuitées par des visiteurs étrangers a chuté de 10%. Une baisse qui s’est essentiellement concentrée sur Paris et l’Île-de-France, alors qu’à l’inverse, le nombre de nuitées a augmenté de 2% dans le reste du pays. "Ce qui veut dire que les gens ont continué à venir découvrir la France, à visiter la France, mais ont évité la capitale", analyse Matthias Fekl. Pour pallier ce déséquilibre, des efforts massifs ont été portés sur la promotion de la région capitale. "J’ai promis à Nice que nous ferions la même chose", ajoute le secrétaire d’État.

Soutenir la destination France. Néanmoins, il est encore trop tôt pour chiffrer l’impact de la tuerie du 14 juillet où de l’attaque d’une église normande. "J’ai demandé à l’ensemble de notre réseau diplomatique d’être plus que jamais mobilisé" quant à la promotion du tourisme français, explique Matthias Fekl. À cette fin, plus d’un million d’euros on été mis sur la table "pour soutenir la destination France", et en particulier auprès des pays asiatiques ou des Américains, soucieux des questions de sécurité.

100 millions de visiteurs en 2020 ? "Il n’y a plus de risques zéro, ni en France, ni en Europ,  ni partout dans le monde", souligne ce proche de François Hollande. Néanmoins, "la France reste un pays où il fait bon vivre et que des touristes du monde entier continuent à aimer et à vouloir découvrir". "François Hollande avait fait du tourisme une priorité nationale. C’est la première fois que le tourisme est une priorité nationale et les professionnels du secteur le ressentent bien. Le but, c’est d'atteindre les 100 millions de touristes en 2020, cet objectif à long terme est maintenu."

Annulations en série. Concernant l’annulation, un peu partout en France, de nombreux événements festifs cet été, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, avait invoqué mardi une "situation de guerre" et l’absolue nécessité de respecter les normes de sécurité face à la menace terroriste. Mercredi, au micro d’Europe 1, Matthias Fekl s’est voulu plus rassurant : "Il y a des annulations mais elles ne sont pas massives. Les grands festivals ont généralement été maintenus, certains ont même connu une hausse de fréquentation, ce qui prouve que la culture, les créations de l’esprit, sont l’une des plus belles réponses à opposer au nihilisme, à la barbarie et au déferlement de la haine."