Timbre : la Poste veut gonfler les prix

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Timbre : la Poste veut gonfler les prix
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La Poste veut compenser l'effondrement du nombre de courriers échangés en France.

C'est le moment d'acheter des carnets de timbres. Selon le projet stratégique 2013/2018 de la Poste, présenté jeudi matin en conseil d'administration et que Le Parisien s'est procuré, l'entreprise publique envisagerait d'augmenter fortement le prix de ses timbres dans les prochaines années.

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18 % de hausse en cinq ans. Selon ce document, la Poste envisagerait des hausses significatives tous les ans jusqu'en 2018 : 1 % de plus que l'inflation en 2014 et 2015, et même 3 % de plus que l'inflation entre 2016 et 2018. A l'arrivée, l'addition est salée : selon nos calculs, avec une inflation à 1,2 % sur toute la période (identique aux prévisions pour 2013), un timbre vert, vendu 58 centimes à l'heure actuelle, coûterait à ce rythme 68 centimes en 2018, soit une augmentation de 18 % en cinq ans. Pas sûr que les particuliers apprécient.

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6 % de lettres en moins. Pour la Poste, l'enjeu est crucial. Avec Internet, particuliers et entreprises envoient de moins en moins de courrier et de plus en plus d'e-mails. Selon le projet stratégique, le trafic de lettres devrait continuer de baisser de 6 % par an d'ici à 2018. Soit, au total, 2,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en moins pour l'entreprise. En révisant ses tarifs à la hausse et en misant sur l'innovation, la Poste pourrait "compenser aux trois-quarts" la baisse de revenu, affirme le projet stratégique.

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A l'Arcep de décider. Reste à savoir si l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (l'Arcep, le gendarme du secteur), acceptera de valider ces hausses de prix. C'est en effet elle qui a le dernier mot sur cette question. Et si elle a déjà donné son accord sur une hausse de 1 % de plus que l'inflation pour la période 2013-2015, rien n'est encore arrêté pour les années suivantes.