TER : qui doit payer pour les retards ?

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TER : qui doit payer pour les retards ?
Les usagers des lignes SNCF les moins régulières commencent à se faire entendre. Reste une inconnue : qui va payer ?@ MAXPPP
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Face à la grogne des usagers de lignes en souffrance, SNCF et régions se renvoient la balle.

En s’organisant, les usagers des lignes TGV et TER cumulant le plus de problèmes de régularité ont réussi à se faire entendre. La SNCF a promis un dédommagement aux usagers de TGV mais aussi de lancer un plan spécial consacré aux douze lignes de train les plus touchées. Mais si la SNCF a prévu un geste commercial aux voyageurs des lignes TGV, sa réponse est bien plus ambigüe au sujet des lignes TER.

“Le contribuable ne va pas payer“ les erreurs de la SNCF

La SNCF refuse en effet d’indemniser les usagers des TER en cas de retards, puisque l’entreprise paye déjà des indemnités à la région en cas de problème de régularité. La direction de la SCNF invite donc les usagers mécontents à tout simplement se tourner vers leurs régions, elles aussi en charge des transports.

D’où la réaction indignée de Jean-Paul Huchon, président du Syndicat des transports de la région (Stif), qui gère les transports franciliens. “Je vais en parler à Pepy et il va m’entendre. Que le Stif doive indemniser les usagers, c’est dément. Le contribuable ne va pas payer parce que monsieur Pepy n’a pas été capable de faire rouler les trains à la bonne vitesse“, s’est-il emporté lundi sur Europe 1.

A Paris, un système de bonus/malus contesté

En région parisienne, un système plus précis encore a été mis en place. Pour tenter d'améliorer la qualité de service fourni par la RATP et la SNCF en Ile-de-France, le Stif a en effet mis en place un système de bonus/malus. En vertu de ce système, inscrit dans les contrats qui lient l'Autorité organisatrice aux entreprises de transports, la RATP et la SNCF reçoivent de l’argent du Stif si leurs trains et leurs métros arrivent à l’heure.

Mais "elles perçoivent des bonus alors qu'en réalité la régularité est catastrophique", dénonce Yves Boutry, vice-président de l'Association des usagers de transports (AUT). L'indicateur de régularité (pas plus de trois minutes d'attente d'un métro dans un certain pourcentage de cas et pas plus de cinq minutes de retard pour un RER au terminus) compte en fait pour un quart des objectifs. Les trois quarts restants concernent la propreté des trains et des gares, la disponibilité des escaliers mécaniques ou encore l'information des usagers.

La directrice générale du Syndicat concède que le Stif sera "sans doute amené" à étudier "une augmentation du poids des indicateurs de régularité".