Teleperformance dégraisse

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Teleperformance dégraisse
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Le leader mondial des centres d’appels supprime 830 postes et ferme 8 sites en France.

C’est la conséquence d’une année de crise. Teleperformance a annoncé jeudi un plan de restructuration en France prévoyant d'ici la fin de l'année 830 suppressions de postes et un passage de 22 à 14 sites. Le leader mondial des sociétés de centres d'appels, qui comptait 6.290 salariés au 31 mai, devrait avoir perdu 13% de ses effectifs, sans compter les intérimaires qui seront remerciés dans les sites fermés.

Sont concernés : les centres de Marseille (25 postes), Pantin (149), Rennes (194) et Tours (51). Dans quatre villes, où deux centres existent, ils seront fusionnés, avec comme conséquence 41 postes supprimés au Mans, 169 à Lyon, 71 à Orléans et 61 à Toulouse. Et le site de Bordeaux sera amputé de 69 postes. Teleperformance conservera 14 sites en France: Belfort, Bordeaux, Guyancourt, Laval, Lyon, Le Mans, Montpellier, Niort, Orléans, Paris, Reims, Toulouse et deux établissements à Villeneuve d'Asq.

-12% du CA en 2009

L'objectif est de renouer avec la rentabilité au premier semestre 2011, explique Jean-Hervé Jenn, le président de Teleperformance en France, après une année 2009 marquée par 36 millions de pertes, soit plus de 12% du chiffre d'affaires. Le prestataire de donneurs d'ordre comme SFR, Orange, Bouygues Telecom, EDF, Finaref, Macif ou Danone est aujourd'hui en "surcapacité de production structurelle". Le groupe justifie ces mauvais résultats par "un ralentissement de la demande de ses marchés clefs" et par "la perte de contrats commerciaux significatifs pendant l'année 2009".

Colère et indignation des salariés

"Ce sont encore les salariés qui trinquent", déplore Félicien Okoyo, délégué CFTC, le premier syndicat de l'entreprise. "C'est le 2e plan en deux ans, encore au profit des actionnaires et au détriment des salariés", dénonce-t-il en appelant Teleperformance à traiter ses salariés avec "dignité" en travaillant notamment à "un vrai programme de reclassement".

Sonia Porot, déléguée centrale CGT, fait part de "la colère et l'indignation" des salariés à cette annonce. Force ouvrière a appelé dans un communiqué les salariés à "s'opposer à la fermeture des centres et à la suppression de postes" et appelé à un "mouvement national".

Jean-Hervé Jenn a pris la direction de Teleperformance France en avril 2010 et avait indiqué en juin "vouloir remettre à plat" l'organisation de l'entreprise, évoquant la nécessité d'aller vers une taille de site "optimale", évaluée à au moins 300 personnes. Il a succédé à Jean-François Guillot qui avait déjà appliqué en 2009 une réorganisation vivement contestée par les syndicats devant les tribunaux, ce qui avait reporté sa mise en oeuvre de plusieurs mois.