Taxer le Livret A, une piste pour Bercy

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Taxer le Livret A, une piste pour Bercy
Selon les informations d'Europe1, c'est du côté du livret A et des allocations familiales que Bercy oriente ses pistes pour trouver six milliards d'euros.
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INFO E1 - Le gouvernement envisagerait de fiscaliser les plus garnis pour trouver 6 milliards.

Le défi à relever.Trouver six milliards d'euros en 2014 sans augmenter les impôts… c'est le numéro d'équilibriste qu'est en train de préparer le gouvernement. Mais si l'exécutif a pour le moment écarté toute idée de prélèvements supplémentaires, certains dispositifs fiscaux devraient sans doute être revus et corrigés pour faire rentrer de l'argent dans les caisses. Selon les informations d'Europe 1, c'est du côté du Livret A et des allocations familiales que Bercy oriente ses pistes, avant que Matignon ne tranche, en juin.

Taxer les Livrets A, certains Livrets A. Aujourd'hui, le Livret A et le Livret développement durable (LDD), sur lesquels on peut désormais déposer jusqu'à 22.950 euros contre 15.300 euros auparavant, sont défiscalisés. Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, avait promis en septembre que cette augmentation de plafond ne serait pas accompagnée de fiscalisation. Mais la quête des six milliards pourrait changer la donne. Devant la pression de l'Inspection générale des finances, plusieurs ministres sont désormais d'accord pour taxer ces livrets d'épargne si populaires.

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Mais attention, ce serait seulement "pour les plus riches". Concrètement, via la mise en place de la CSG et de la CRDS, Bercy imposerait uniquement les intérêts liés à l'épargne située entre 15.300 et 22.950 euros, à hauteur de 15,5% environ. Une mesure qui toucherait effectivement les hauts revenus, car si trois Français sur quatre ont un livret A, moins de 10% ont rempli leur compte jusqu'au plafond.

Des allocations familiales en fonction des revenus. Par ailleurs, selon nos informations, le gouvernement ne va pas fiscaliser les allocations familiales, mais n'abandonne pas pour autant totalement le dossier. Il réfléchirait ainsi à un versement de ces prestations sous conditions de ressources. La disparition des aides serait alors progressive. Le ménage pourrait toucher, par exemple, la totalité de l'aide jusqu'à 3.000 euros de revenus par mois, puis de moins en moins, jusqu'à 4500 euros... Et au -elà, plus rien.

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Pourquoi faut-il trouver six milliards, déjà ? "En 2013, 5 à 6 milliards d'impôts ont été levés et ne le seront pas en 2014, car ils ne pouvaient l'être qu'une seule année", avait expliqué Jérôme Cahuzac, lundi sur Europe1. Il s'agit, par exemple, de la taxation accrue des assureurs ou de la modification du régime d'acomptes d'impôt pour les grandes entreprises. "La situation budgétaire du pays ne nous permet malheureusement pas de nous priver de 6 milliards de recettes", expliquait-il.