Sommet européen : chacun affûte ses armes
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Alors que les réunions se déroulent sous haute tension, chacun avance ses pions. 

Jeudi soir, chacun semblait camper sur ses positions. Alors que le sommet de Bruxelles sur le budget de l'Union s'est ouvert avec près de six heures de retard, les 27 se voulaient optimistes. Mais derrière les déclarations d'intention, les débats promettent d'être rudes entre les partisans d'une Europe plus économe et les autres.

• Cameron l'intransigeant. Parmi les "rigoristes", qui demandent des coupes sévères dans le budget de l'Union, c'est David Cameron qui occupe le premier plan. Jeudi, il n'a en effet pas hésité à menacer de mettre son veto à un texte qui ne lui conviendrait pas. "L'UE ne devrait pas être exempte de la pression sous laquelle nous sommes de réduire nos dépenses", a-t-il expliqué avant l'ouverture du sommet.

Selon lui, les propositions d'Herman van Rompuy, le président de l'Union européenne, sont encore trop élevées. Celui-ci propose en effet, depuis plusieurs mois, de ramener le budget européen de 987 à 943 milliards d'euros."En novembre, les chiffres présentés étaient vraiment trop élevés. Ils doivent redescendre. Et si ce n'est pas le cas, il n'y aura pas d'accord", a défendu le Premier ministre britannique. Il a dans sa démarche le soutien des pays nordiques et des Pays-Bas.

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François Hollande et la PAC. Le président français s'est lui fixé un objectif : sauver la Politique agricole commune. Premier poste de dépense de l'Union européenne, dont elle engloutit 40 % du budget, la PAC profite en effet massivement aux agriculteurs français. "Si l'Europe devait, pour chercher un compromis à toute force, abandonner ses politiques communes, oublier l'agriculture et ignorer la croissance, je ne serais pas d'accord", a-t-il déclaré. Il faut dire que François Hollande avait fait du retour de la croissance en Europe l'un de ses thèmes de campagne, lors de l'élection présidentielle. Le président français est soutenu par le Premier ministre italien, Mario Monti, qui appelle lui aussi à "la priorité à la croissance".

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• Ceux qui sont entre deux feux. Eux non plus ne veulent pas de nouvelles coupes dans le budget européen. Les "amis de la cohésion", qui rassemblent beaucoup de pays de l'Europe de l'Est, largement bénéficiaires des crédits européens destinés aux régions défavorisées, se disent eux aussi prêts à mettre leur veto au budget européen. Et s'ils sont prêts à entendre parler de réductions budgétaires, ils ne tiennent pas a être les dindons de la farce. C'est le cas notamment de la République Tchèque, dont le Premier ministre Petr Necas a demandé jeudi " un budget européen plus réduit et plus moderne, un budget qui sera honnête pour la République tchèque."

François Hollande et Martin Schultz, le président du Parlement européen 930*620

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Le Parlement européen vigilant. Les députés européens, eux, craignent de voir leurs marges de manœuvre amputées par les dirigeants. Et préviennent déjà que toute nouvelle coupe entraînerait le rejet de la totalité de l'accord. "C'est le Parlement qui a le dernier mot. Nous sommes prêts au dialogue, mais je ne crois pas que nous serons d'accord si on nous dit: 'marche ou crève' ", a menacé lui aussi son président, Martin Schulz.