Sixième jour de grève de la faim pour cinq salariés de Madrange

  • A
  • A
Sixième jour de grève de la faim pour cinq salariés de Madrange
Partagez sur :

Cinq syndicalistes de Madrange observent depuis jeudi une grève de la faim, devant le siège du groupe agroalimentaire à Feytiat (en Haute-Vienne), près de Limoges, pour "obtenir des réponses" sur la stratégie du groupe. Ils sont persuadés qu’on leur cache un plan de restructuration.

Depuis jeudi dernier, quatre délégués syndicaux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi qu'un membre du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) campent nuit et jour devant le siège du groupe alimentaire Madrange à Feytiat (en Haute-Vienne). Installés "dans une toile de tente, avec une télévision, une radio, une cafetière, de l'eau et du café", a expliqué Henry Drault, délégué CGT de Madrange, ces cinq syndicalistes sont en grève de la faim.

Pour faire passer leur message, ils témoignent face à la caméra :

"Tout le monde est persuadé qu'il va y avoir une restructuration : on veut savoir combien de personnes cela va toucher, et simplement avoir des réponses sur les stratégies industrielle, commerciale et marketing de l'entreprise", a indiqué Henry Drault. Une action brutale mais la moins pénalisante selon un syndicaliste : "On aurait pu appeler à la grève mais on sait que l'entreprise a connu de grosses pertes l'an dernier, il était hors de question de mettre le groupe plus en danger qu'il n'est".

Madrange dénonce le mouvement, soulignant que cette grève de la faim vise "à mettre une pression aussi injustifiée que contre-productive sur la nouvelle direction". La direction précise que "la nouvelle gouvernance du groupe" travaille à l'élaboration d'un plan qui "s'oriente résolument vers la préservation de l'outil industriel, en particulier le maintien des sites existants, et de l'emploi".

Mais les 1.3000 salariés sont inquiets. Ils savent que les caisses sont vides et que les investisseurs se font rares. Fin mars, la société, qui devait être cédée, avait annoncé qu'elle restait aux mains de l'entreprise familiale. Un nouveau comité central d'entreprise (CCE) est prévu mardi après-midi.