SeaFrance (enfin) fixé sur son sort ?

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SeaFrance (enfin) fixé sur son sort ?
Le tribunal de commerce de Paris devrait rendre sa décision lundi quant à l’annonce du candidat choisi pour reprendre les actifs de la compagnie maritime SeaFrance, liquidée en janvier.@ REUTERS
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La justice devrait se prononcer lundi sur l'attribution des actifs de la compagnie.

Les anciens salariés de SeaFrance attendent fébrilement la décision du tribunal de commerce de Paris. La justice devait se prononcer initialement fin mai, mais l’annonce du candidat choisi pour reprendre les actifs de la compagnie maritime, liquidée en janvier, a été reportée à plusieurs reprises. Elle devrait finalement être faite lundi.

Trois offres possibles

Trois offres ont été déposées avant la date limite du 10 mai. La plus importante est issue du groupe EuroTunnel. Elle propose 65 millions d'euros pour reprendre la globalité des actifs corporels et incorporels de la compagnie transmanche, soit les trois navires détenus par SeaFrance, et prévoit l'embauche de plus de 500 personnes. Sachant que la valeur des bateaux est estimée entre 125 et 150 millions d'euros.

Le consortium Louis-Dreyfus/DFDS propose de son côté 30 millions d'euros pour le navire Berlioz ou 25 millions d'euros pour le Rodin, s'il n'est autorisé à en racheter qu'un. Ce consortium, qui exploite déjà deux navires sur la ligne Calais-Douvres sur laquelle opérait SeaFrance, a également offert d'acheter les deux navires ensemble pour 50 millions d'euros.

La troisième offre est celle du groupe suédois Stena Line, qui souhaite acquérir un seul navire, le Rodin, pour la somme de 30 millions d'euros.

EuroTunnel choisi ?

Selon les informations du Figaro, la justice trancherait en faveur d’Eurotunnel. "Pour l'emporter, Eurotunnel a promis de les louer à une Scop (coopérative ouvrière) qui réunit au moins 500 des ex-salariés de SeaFrance", assure le journal dans son édition de lundi.

Si cette décision est confirmée, l'exploitation de la ligne entre Calais et Douvres pourrait alors reprendre dès l'été. Ce qui devrait ravir les anciens salariés de SeaFrance. "On nous a toujours dit que c'était impossible (de faire repartir l’activité, ndlr). Et voir aujourd'hui qu'on peut faire repartir un nouveau SeaFrance, c'est très fort", assurait fin mai Stéphane, un des anciens salariés.

Un conseil d'administration de la SNCF, principal créancier de SeaFrance, est convoqué en urgence lundi matin. "Il devrait valider un abandon de créances portant sur 180 millions d'euros, dont le principe a été approuvé vendredi soir par le gouvernement", affirme également Le Figaro.

Un dispositif pour les entreprises en difficulté

La décision du tribunal de commerce de Paris intervient alors que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg présentera mercredi, en Conseil des ministres, le dispositif de soutien aux entreprises en difficulté. L'objectif est de mettre en place "un point d'appui territorial" à la fois pour la cellule d'urgence au sein du ministère et pour le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), a indiqué l’entourage du ministre.

SeaFrance, qui, avant sa liquidation le 9 janvier, employait 880 personnes en France et 130 au Royaume-Uni, exploitait quatre navires entre Calais et Douvres, dont trois - le Berlioz, le Rodin et le Nord-Pas-de-Calais - lui appartenaient.