SeaFrance : ce qui attend les salariés

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SeaFrance : ce qui attend les salariés
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Eurotunnel a repris les navires de la compagnie et va travailler avec une coopérative d’ex-salariés.

C’est finalement Eurotunnel qui a été chargé par la justice de reprendre les navires de la compagnie de ferries SeaFrance, placée en liquidation judiciaire le 11 novembre 2011. Une tel repreneur inspire beaucoup d’espoirs aux anciens salariés, convaincus de pouvoir relancer leur activité.

"C’est vrai qu’on peut considérer que c’est une renaissance parce que SeaFrance va renaître avec son nom, ses navires, ses équipages. La plus belle des victoires qu’on pouvait obtenir, c’est vrai que c’est un grand jour pour nous. On revient de très, très, très loin, mais avec SeaFrance rien n’est impossible et cela s’est encore vérifié", a réagi sur Europe 1 Jérôme, un ancien salarié. Mais à quoi doivent s’attendre Jérôme et ses anciens collègues de travail ? Europe1.fr apporte un début de réponse.

Qui va être le patron ? Le nouveau SeaFrance sera une association originale entre Eurotunnel, désormais propriétaire des trois navires de l’entreprise, et une coopérative ouvrière, ou Scop, montée par des anciens salariés. Eurotransmanche, nouvelle filiale d'Eurotunnel " s'ouvrira aux collectivités locales et louera les ferries à une société d'exploitation", a précisé Eurotunnel.

En clair, ce dernier est propriétaire des "murs" mais va déléguer la gestion quotidienne des bateaux à la coopérative. Cette dernière sera dirigée par Jean-Michel Giguet, l’ancien président du directoire de Brittany Ferries, a révélé lundi soir le quotidien Le Télégramme.

Combien d’emplois à la clé ? Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, également maire de Boulogne-sur-Mer, a exprimé sa "satisfaction" suite à cette décision qui apporte "une solution pérenne sur le plan économique et favorable à l'emploi".

Reste à savoir combien d’emplois devraient être générés au final par le nouveau SeaFrance. Ils étaient 880 en France auparavant, ils devraient dorénavant être environ 500, a estimé Didier Cappelle, secrétaire général du syndicat Maritime Nord et grand partisan de la Scop. Eurotunnel a de son côté assuré que son projet devrait générer 560 emplois. Ces derniers seront cependant salariés de la Scop, plus fragile financièrement, et non d’Eurotunnel.

Quand reprendra l'activité ? Aucune date officielle n’a encore été communiquée mais Didier Cappelle, délégué syndical de SeaFrance, a déclaré espérer que l’activité reprenne "dès la mi-juillet".

Avec quels moyens ? Lourdement endetté, le groupe SeaFrance va devoir se séparer d’un navire pour éponger une partie des dettes. Le groupe SNCF, principal actionnaire du SeaFrance historique, reprend également à son compte une créance de 180 millions d’euros. Résultat, la nouvelle société Eurotransmanche limite son ardoise et la coopérative ouvrière, n’étant en charge que de l’exploitation, va débuter son activité sans dette.

Il reste plusieurs inconnues. L'horizon du nouveau SeaFrance est donc en train de se dégager mais plusieurs questions restent à régler. La première concerne les futures lignes de ferry exploitées. S'agira-t-il d'assurer la seule liaison Calais - Douvre ou de desservir d'autres ports ? Eurotunnel n'a pas encore répondu à la question mais Le Figaro avance qu'il envisage déjà d'assurer une liaison nocturne entre les deux villes pour compléter le service Eurostar.

Autre détail à régler pour la future Scop, et pas des moindres : plusieurs anciens salariés sont poursuivis pour fraudes présumées sur des ventes d'alcool et de nourriture à bord des ferries. Au total, treize anciens salariés ont été mis en examen dans ce dossier.