Sanofi : "on ne parle jamais de nous"

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Sanofi : "on ne parle jamais de nous"
Le laboratoire pharmaceutique devrait annoncer un à deux milliers de suppressions de postes en France.@ MAXPPP
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Le labo pharmaceutique devrait annoncer un à deux milliers de suppressions de postes en France.

L'annonce officielle est prévue dans la journée de jeudi, mais les salariés de Sanofi ne se font déjà plus beaucoup d'illusions. Ils savent que le laboratoire pharmaceutique devrait annoncer jeudi la suppression de 1.000 à 2.000 postes dans les prochaines années. Les syndicats ne cachent pas leur inquiétude.

C'est à bord d'un ancien bus de la RATP qu'un cinquantaine de salariés de Sanofi a sillonné Paris mercredi. Objectif : manifester leur colère. Armés d'un mégaphone, ces employés ont fait entendre leurs inquiétudes et leur incompréhension face aux mesures d'économies qui s'annoncent chez le géant pharmaceutique.

"On craint le pire"

"On ne parle jamais de nous. On parle de Renault, de Peugeot, mais jamais de l'industrie pharmaceutique", regrette Valérie. "Mais on craint le pire. Depuis 2006, on a perdu plus de 3.000 emplois", rappelle cette visiteuse médicale qui craint une nouvelle vague de départs.

Alors que les salariés s'attendent à une annonce de la direction en ce sens au cours du comité d'entreprise prévu jeudi, les syndicats font leurs calculs. Dans le bus, tapissé d'autocollants de la CGT, Olivier Amat, l'un des délégués du syndicat, cherche à anticiper le nombre de postes que Sanofi-Aventis pourrait être tenté de supprimer. "On est dans un plan d'économies de deux milliards d'euros. Le précédent plan, qui était aussi de deux milliards nous a coûté 4.000 emplois", rappelle-t-il.

"Il y a une gabegie qu'on ne peut pas laisser faire"

"La seule chose que promet Sanofi, c'est la rentabilité aux actionnaires. Pour le reste, il n'y a aucune promesse : ils ferment la recherche, ils 'foutent en l'air' les usines. Il faudrait que l'Etat français s'en occupe et ait un droit de regard pour stopper ce gâchis. Il y a une gabegie qu'on ne peut pas laisser faire", dénonce encore Olivier Amat. Le syndicaliste réclame notamment une loi pour interdire les licenciements boursiers.