RSA : Bachelot dresse un bilan mitigé

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RSA : Bachelot dresse un bilan mitigé
Roselyne Bachelot reprenait le constat dressé par le comité national d'évaluation du RSA qui a présenté officiellement jeudi ses conclusions lors d'une conférence nationale d'évaluation organisée à La Défense.@ Maxppp
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La ministre des Solidarité a pointé jeudi le manque de résultats en matière de reprise de l'emploi.

Tout en reconnaissant que le RSA avait permis à un certain nombre de personnes de sortir de la pauvreté, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot a dressé jeudi un "bilan mitigé" du Revenu de solidarité active (RSA) en matière de reprise d'emploi. La ministre a repris le constat dressé par le comité national d'évaluation du RSA mercredi, selon lequel les effets sur la reprise d'emploi sont "limités" pour le moment.

"Complexité du système"

La ministre a expliqué jeudi qu'il y avait d'autres raisons "que la crise" à l'origine de ce bilan en demi-teinte. "Il faut être honnête, il y a aussi un effet de complexité du système, avec des pilotes qui sont à la fois des élus locaux, Pôle emploi...", a-t-elle précisé.

En effet, alors que les conseils généraux ont en charge, l'instruction, la suspension et l'attribution du RSA, les Caisses d'Allocations Familiales s'occupent de le verser aux bénéficiaires du dispositif, qui sont dans le même temps orientés vers Pôle Emploi en matière d'accompagnement. Roselyne Bachelot a notamment prôné un "accompagnement global" des "personnes qui sont au RSA", pour aller vers l'emploi".

L'insertion et l'accompagnement vers l'emploi sont en effet, de l'avis du comité, l'un des principaux points faibles du dispositif entré en vigueur mi-2009.

Hirsch veut passer au RSA 2

L'initiateur du RSA, Martin Hirsch a, de son côté, salué "un bilan qui est objectif, fait par des gens indépendants", jeudi sur Europe 1. Soulignant que "les allocataires du RSA n'ont pas échappé à la crise", l'ancien Haut commissaire aux solidarités actives a également rappelé qu'en matière d'emploi, "le RSA n'a jamais prétendu avoir cette solution miracle", même s'il "réduit la pauvreté".

"Ce que montre le rapport d'évaluation c'est qu'on sait exactement ce qu'il faut faire pour l'améliorer. On le sait, il suffit de le vouloir. On peut passer vite à un RSA 2 pour avoir quelque chose qui soit plus efficace", a recommandé le "père" du RSA.

Une "méconnaissance du dispositif"

En effet, le comité d'évaluation pointe du doigt une "modification des incitations financières insuffisante" par rapport au RMI et "des retards dans la mise en place d'un dispositif plus efficace d'accompagnement des bénéficiaires". Par ailleurs, le RSA ne rencontre pas le succès escompté puisque les bénéficiaires potentiels sont loin d'avoir tous recours au dispositif. Pour le comité d'évaluation, cela s'explique principalement par une "méconnaissance du dispositif".