Rigueur : les retraités dans le viseur

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Rigueur : les retraités dans le viseur
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INFO E1 - Les pensions pourraient ne plus suivre le niveau de l’inflation dès 2014.

Le tour de vis imposé par la rigueur continue d’inquiéter les Français et c’est du côté des retraités que la tension est la plus palpable en ce début de semaine. Coup de frein lors de la révision des pensions, suppression de certaines niches fiscales : les hypothèses qui ont été relayées ce week-end par la presse les visent plus particulièrement. Selon les informations d'Europe 1, la désindexation des pensions par rapport à l'inflation serait déjà actée pour 2014.
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© REUTERS

• Quelles sont les mesures envisagées ? Plusieurs pistes ont été évoquées mais aucune n’a encore été officialisée. Ces hypothèses de travail sont néanmoins bien détaillées et leurs conséquences seraient bien concrètes.

- le coup de frein sur les pensions. Le Journal du Dimanche avance que le ministère de l’Economie pourrait temporairement désindexer le régime général des retraites par rapport à l'inflation. En clair, le niveau des pensions pourrait évoluer moins vite que l’inflation pendant une année ou deux. Ce coup de frein temporaire serait effectif dès 2014 selon les informations d’Europe 1.

- soumettre à l’impôt le coup de pouce aux parents de familles nombreuses. Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a proposé dimanche sur Europe 1 que le gouvernement revienne sur cet avantage accordé aux retraités ayant eu trois enfants ou plus. Ces derniers bénéficient en effet d’un bonus qui n’est pas soumis aux impôts. En mettant fin à cette exception, l’Etat pourrait récupérer 800 millions d'euros par an.
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- supprimer l’abattement pour frais professionnels. C’est la dernière piste envisagée : supprimer ce dispositif qui permet de réduire ses revenus déclarés au fisc. Cet abattement de 10% profite pour moitié aux 20% des retraités les plus aisés et coûte 2,7 milliards selon la Cour des comptes.

- mettre fin au taux de CSG réduit. Dernière piste envisagée au gouvernement : aligner le taux de la Contribution sociale généralisée (CSG) appliqué aux retraité, aujourd'hui à 6,6%, sur celui des actifs, qui doivent s'acquitter de 7,5%. Cette mesure rapporterait 1,2 milliards d'euros par an.

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"Il ne faut pas toucher au niveau des pensions". Eric Aubin, le "Monsieur retraites" de la CGT n’a pas tardé à réagir sur Europe 1, estimant qu’un coup de frein sur la revalorisation des pensions "va jouer sur l’économie, la croissance, la consommation et donc sur l’emploi".

"Nous sommes assez surpris" par ces mesures, poursuit-il, avant d’ajouter : "on croirait, quand on écoute le patronat ou le gouvernement, que finalement les retraités vivent bien au-dessus de leurs moyens, ont un niveau de vie extraordinaire. Or les chiffres du Conseil d’orientations des retraites sont très clairs : la moyenne des pensions aujourd’hui, c’est 1.216 euros. 899 euros pour les femmes.

"Que chacun prenne sa part" à l’effort. Du côté des retraités, on oscille entre indignation et devoir de solidarité. Ainsi, Sylvie, qui vient de partir sa retraite à 63 ans, veut "bien participer à l’effort mais je dis bien participer à l’effort : cela doit être vraiment bien partagé, que chacun prenne sa part, qu’il n’y ait pas des exclus, des bénéficiaires, si je puis dire, d’une non-ponction".

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"Pourquoi les retraités et pas d’autres ?", s’interroge Sylvie, avant de reconnaître : "notre génération, la génération précédente, on a une responsabilité : on a vécu très au-dessus de nos moyens. Maintenant, il faut le payer. Alors essayons de laisser quelque chose de plus gérable à nos enfants".

Un rééquilibrage qui se traduirait forcément par des sacrifices. "Si ces mesures passent, je pense que je vais recalculer tout ce que j’ai projeté, je vais certainement en enlever. Moi, j’aimerais un petit peu voyager… il est évident qu’il n’y aura pas deux voyages par an. Il y avait une envie d’une résidence secondaire. Bon ben ça, je crois qu’on fait une croix dessus", conclut Sylvie.

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