Richard Ferrand (PS) sur la Loi Travail : "Personne n'est prêt à consentir à un compromis"

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Invité du Club de la presse, Richard Ferrand, député PS du Finistère, s'est exprimé sur l'arrivée de la loi Travail à l'Assemblée, mardi.

INTERVIEW

Le projet de loi Travail arrive mardi devant l'Assemblée nationale. Si son vote est prévu pour le 17 mai, le texte, déjà remanié à plusieurs reprises, est pourtant loin d'être adopté, tant les points de blocage restent nombreux. Près de 5.000 amendements ont ainsi été déposés. Selon le rapporteur du texte, le député PS Christophe Sirugue, 40 voix manqueraient pour l'approuver définitivement.

"Sortir des postures permanentes". "Il faut faire en sorte de sortir des postures permanentes", a estimé sur Europe 1 Richard Ferrand, député PS du Finistère et fidèle soutien d'Emmanuel Macron. "Beaucoup de travail a été fait, des améliorations ont été apportées, de sorte que, même s’il reste des points de discussion, le texte est plutôt équilibré". "Si on avait une gauche qui prendrait acte du fait de cette progression, une droite qui voudrait bien comprendre qu’il est pertinent de rapprocher les négociations des entreprises et permettre que les réalités du terrain soient le mieux prises en compte, alors on devrait avoir une très large majorité. Mais voyez-vous, lorsqu'on est à priori dans une posture, et que l’on a décidé au fond de s’opposer, on trouve chaque jour des nouveaux arguments. Personne n’est prêt à consentir à ce qui permettrait de trouver un compromis utile pour le pays."

Entendu sur Europe 1
Même s’il reste des points de discussion, le texte est plutôt équilibré.

Surtaxation des CDD : "Pas la meilleure idée". Afin d'obtenir le soutien des syndicats, le gouvernement a dégainé le 11 avril dernier l'idée de surtaxer davantage les CDD, dans le but d'inciter les entreprises à embaucher en CDI. "Ce n’est pas la meilleure idée qui a pu jaillir ces dernières semaines", reconnait Richard Ferrand. "Je n’y suis pas favorable, car il me semble qu’on ne peut pas d’un côté dire qu’il faut baisser le coût du travail et faire irruption avec une taxe. C’est une question de sens. Il y a vraisemblablement des abus de CDD courts qui méritent d’être freinés. Cela étant, on a vu après la loi ANI (Accord National Interprofessionnel, ndlr), que ce n’est pas augmentation de la taxation des CDD qui a fait baisser leur nombre et prospérer les CDI", a-t-il conclu.