Retraites : "Nous n'avons pas vocation à faire baisser les pensions", assure Jean-Paul Delevoye

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Le Haut commissaire à la réforme des retraites, interrogé par Sonia Mabrouk, a défendu le projet de réforme présenté par le gouvernement.

INTERVIEW

Le gouvernement veut rassurer sur sa future réforme des retraites. Le Haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye, interrogé par Sonia Mabrouk, a démenti toute volonté de "faire baisser les pensions". "Il s’agit de mettre en place un système universel. Nous n’avons pas vocation à faire baisser les pensions. On a envie de bâtir un système simple, juste, équitable et qui réunit tous les Français", a-t-il assuré jeudi soir sur Europe 1. 

Le gouvernement a dévoilé mercredi les premiers "grands principes" de sa future réforme des retraites, prévue pour 2019. Le futur système "universel", qui concernera à la fois les salariés du public et du privé, remplacera les 42 régimes de retraite existants, avec un système par points qui remplacera l'actuel, par annuités. 

Un système "universel" avec "des règles communes". Jean-Paul Delevoye a défendu ce projet de réforme par l'instauration de "règles communes". "Le système universel a des règles communes. L’avantage du point par rapport à l’annuité, c’est qu’à chaque fois que vous aurez un stage, un salaire, un revenu… vous aurez des points. Ce sera à chaque travailleur de choisir : si vous estimez que vous assez de points et que votre retraite est décente selon vous, vous pouvez prendre votre retraite ou continuer à travailler pour améliorer vos pensions", a expliqué le Haut commissaire à la réforme des retraites. 

"Si nous n'y prenons pas garde, on s'opposera profession contre profession dans le futur". Jean-Paul Delevoye a pris pour exemple le cas des agriculteurs pour justifier le projet du gouvernement. "Les agriculteurs ont refusé le système universel en 1945 parce qu’ils étaient nombreux, aujourd’hui ils sont tombés à 3% et 84% de leurs retraites sont versées par la solidarité nationale. Si nous n’y prenons pas garde, on s’opposera profession contre profession dans le futur", a-t-il avancé.  

"Nous devons bâtir le système le plus solide possible pour s’adapter aux aléas du futur. Personne ne peut dire ce que sera la croissance, ce que seront les professions. Nous prendrons la totalité des salariés du public et du privé pour être responsables et solidaires collectivement et non pas les uns contre les autres", a estimé Jean-Paul Delevoye. Le gouvernement souhaite que la future réforme soit voté au premier semestre de l'année prochaine, pour une adoption dans le courant de l'année 2019.