Retraites : les positions de chacun

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Retraites : les positions de chacun
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La concertation a commencé lundi. Europe1.fr recense les points de vue des syndicats.

Lundi, Eric Woerth a débuté la concertation sur les retraites avec les dirigeants syndicaux et patronaux. Le calendrier du gouvernement est serré. Les premières options précises seront présentées vers la mi-mai, et un projet plus détaillé vers la mi-juin pour un passage en conseil des ministres début juillet et une loi déposée en septembre. Les syndicats dénoncent cet agenda. Les réactions recueillies à la sortie de leurs entretiens témoignent par ailleurs des oppositions entre le gouvernement et les syndicats sur le fond.

Le gouvernement. Il a privilégié deux grandes options jusqu’à présent : un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite complète, qui sera de 41 ans en 2012, et le relèvement de l'âge légal de la retraite, actuellement fixé à 60 ans. Nicolas Sarkozy a également donné son aval, la semaine dernière, à un nouvel impôt ciblé sur les hauts revenus. Eric Woerth s'est dit ouvert aux propositions des partenaires sociaux lundi, excepté "l'augmentation des prélèvements".

Les syndicats

Force ouvrière. Jean-Claude Mailly a ouvert le bal de la première journée de rendez-vous bilatéraux. Le leader syndical a répété son opposition au relèvement de l'âge légal ou de la durée de cotisation. "Ce n'est pas le début de la concertation, c'est le début de la confrontation", a dit Jean-Claude Mailly. Il n'est en revanche "pas opposé à l'augmentation de la cotisation" pour les retraites.

CFDT. Pour François Chérèque, aller aussi vite fait courir le "risque de se contenter de faire évoluer les paramètres que l'on connaît et, de ce fait, accentuer les inégalités qui existent". Citant ceux qui commencent à travailler jeunes, les métiers pénibles ou précaires, les inégalités hommes-femmes, il a dit qu'"il ne saurait y avoir de réforme juste si l'on ne voit pas toutes ces inégalités". Le maintien de l'âge légal de 60 ans est pour la Confédération française démocratique du travail "un élément central", a-t-il souligné, sous-entendant que la confédération ne refusait pas d'envisager un nouvel allongement de la durée de cotisation pour toucher une retraite à taux plein.

CFTC. Son président, Jacques Voisin, s'est déclaré inquiet de l'absence de proposition gouvernementale sur la question de nouveaux financements pour les systèmes de retraite. Il a notamment appelé de ses vœux "l'élargissement de l'assiette des financements aux revenus du capital" et aux stock-options et évoqué la "taxation des profits non réinvestis". Il a réaffirmé le refus de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens de toucher à la retraite à 60 ans.

CGT. Son secrétaire général, Bernard Thibault, a suspecté le gouvernement de vouloir mettre les syndicats devant "le fait accompli" sur la réforme des retraites. Il a affirmé qu'il était "hors de question pour nous d'accepter tout ce qui reviendrait à demander aux salariés de nouveaux sacrifices dans une période où ils sont déjà victimes d'une crise en matière de chômage (...) et de pouvoir d'achat". Pour la Confédération générale du travail, "le maintien du droit de partir en retraite à 60 ans fait partie des dernières libertés des salariés".

Le patronat

Medef. Sa présidente, Laurence Parisot, s'est gardée de répéter sa demande récurrente de relèvement de l'âge légal et a dit espérer un "consensus". Mais elle s'est à nouveau opposée à une hausse des cotisations, qui pénaliserait selon elle le niveau de vie des Français et la compétitivité du pays. "Nous ne pouvons pas continuer à résoudre la question des retraites par une augmentation régulière des cotisations", a-t-elle déclaré.

CGPME. Son président, Jean-François Roubaud, a jugé qu'il y avait "au moins une chose à peu près certaine, c'est qu'il faudra augmenter la durée du temps de travail" à travers une hausse de la durée de cotisation pour une pension complète (41 ans en 2012). "Fixer 42 ans en 2020 paraît une mesure qui pourrait être raisonnable", a-t-il dit. Quant à l'âge légal, "il faudra sans doute aussi y toucher", a ajouté le leader de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises.

UPA. Le président de l’Union Professionnelle Artisanale, Jean Lardin, s'est déclaré lundi hostile à "une augmentation des cotisations" retraite, mais favorable à la mise à contribution "d'autres revenus que les revenus du travail".

L’opposition

Le Parti socialiste. Il demande une réforme des cotisations patronales et une taxation des revenus financiers pour financer le régime des retraites, mais s'oppose au relèvement de l'âge légal de départ.

REAGISSEZ - Selon vous, que faut-il faire pour réformer les retraites ?