Renault va supprimer 7.500 postes

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Renault va supprimer 7.500 postes
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Le groupe au losange veut réduire 14% de ses effectifs au nom de la compétitivité.

• L'INFO. Les mauvaises nouvelles s'accumulent sur le front de l'emploi dans le secteur automobile. Après PSA, c'est au tour de Renault d'annoncer un vaste plan de réduction de ses effectifs. Et le bilan est lourd : la direction de Renault a annoncé mardi aux syndicats qu'elle prévoyait de réduire ses effectifs de 7.500 postes en France d'ici à fin 2016. Comme PSA, Renault espère ainsi regagner en compétitivité.
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• Qui est concerné ? Dans le détail, Renault envisage de ne pas remplacer 5.700 départs à la retraite et de remercier 1.800 autres employés. Ces 7.500 suppressions de postes représenteraient 14% de ses effectifs en France, estimés à environ 54.000 personnes. Le constructeur automobile a tenu à préciser qu'il excluait dans l'immédiat tout licenciement sec, économique ou plan de départs volontaires.

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• Pourquoi Renault réduit la voilure. Le constat est le même que pour PSA : le constructeur voit ses ventes chuter en Europe, notamment pour ses modèles de milieu et de haut-de-gamme. Problème : c'est justement ces voitures, les plus sophistiquées, qui sont produites en France, alors que les petits modèles (Clio, Twingo, etc.) se vendent toujours bien mais sont produits à l'étranger. Patrice Thierry; délégué CFDT de l'usine Renault de Douai, dans le Nord, résume la situation au micro d'Europe 1 : "Il y a six ans, on fabriquait à Renault Douai 2.400 véhicules par jour. Sur le mois de janvier, on va en faire 700. Jusqu'à présent, on avait des accords pour préserver l'emploi le temps que la crise passe. Malheureusement, elle dure..."
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• Renault peut-il fermer une usine ? Le cas PSA, qui a décidé de se séparer du site d'Aulnay-sous-Bois, a montré que fermer une usine avait des conséquences désastreuses en termes d'image. Renault l'assure donc, aucune usine ne sera fermée... à condition que les syndicats acceptent des concessions. "Si un accord était signé avec les organisations syndicales, ce redéploiement des effectifs ne nécessiterait ni fermeture de site, ni plan de sauvegarde de l'emploi, ni plan de départ volontaire", a indiqué Gérard Leclercq, directeur des opérations France.

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• Le début d'un bras-de-fer. Le groupe automobile a entamé une vaste négociation avec les représentants des employés pour tenter de réduire ses coûts. La prochaine séance de négociations est d'ailleurs programmée pour le 22 janvier avec pour objectif d'aboutir d'ici la fin du mois. Mais que veut la direction de Renault ? Suivre le modèle espagnol, où les syndicats ont accepté que les nouveaux employés soient payés 25% de moins qu'auparavant. En France, le constructeur demande une augmentation du temps de travail de 6,2%, soit un peu plus de deux heures par semaine.
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• Et après ? S'il obtient un tel accord de compétitivité, Renault l'assure : il table sur "une croissance de la production en France". Mais ces voitures trouveront-elles preneur alors que la marque au losange a connu la plus forte baisse des ventes en 2012 dans l'Hexagone (-22,1%) ?
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