Renault présente ses excuses à ses cadres

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Renault présente ses excuses à ses cadres
Carlos Goshn et Patrick Pélata ont indiqué, dans un communiqué de Renault, qu'ils présentaient leurs "excuses" aux trois cadres "mis en cause" dans l'affaire d'espionnage présumé qui a touché le constructeur.@ REUTERS
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Le constructeur automobile a exprimé ses "vifs regrets" aux trois cadres licenciés en janvier.

Renault fait marche arrière. Deux mois après avoir licencié trois de ses cadres, le groupe automobile a présenté lundi ses "excuses" et ses "vifs regrets" aux trois cadres "mis en cause à tort" dans le scandale d'espionnage industriel présumé.

Les dirigeants du groupe se sont engagés, lors d'un conseil d'administration extraordinaire s'est réuni lundi après-midi chez Renault, "à ce que réparation soit apportée aux trois cadres concernés et que leur honneur soit restauré aux yeux de tous". Pour cela, ils seront reçus par Carlos Ghosn et Patrick Pélata "dans les plus brefs délais".

Les cadres licenciés, Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, ont toujours protesté de leur innocence et ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation.

Deux cadres prêts à rencontrer la direction

L'avocat de Matthieu Tenenbaum a assuré, lundi après-midi, que son client était prêt à rencontrer le PDG de Renault, Carlos Ghosn, et à étudier sa proposition de réparation. "C'est la fin d'un vrai cauchemar pour mon client, son soulagement est à la hauteur de la violence subie", a-t-il indiqué, même s'il a reconnu qu'"il paraît très difficile pour Matthieu Tenenbaum de reprendre ses anciennes fonctions chez Renault comme si de rien n'était".

Michel Balthazard, autre cadre mis en cause à tort, est également prêt à rencontrer Carlos Ghosn "pour lui dire ce qu'il pense de cette affaire et de la façon dont il a été traité".

Ghosn ne démissionne pas

"Je me suis trompé. Nous nous sommes trompés", a souligné lundi soir Carlos Ghosn sur TF1, avant d'ajouter que selon "les conclusions du procureur de la République de Paris, il semble que nous avons été trompés". Mais, a précisé le PDG de Renault, "nous assumons la situation".

Pour autant, il ne démissionnera pas de son poste de président. Devant Laurence Ferrari, il a expliqué lundi soir qu'il a "présenté un plan d'actions à court et moyen termes" au conseil extraordinaire, et qu'il a été "appuyé à l'unanimité".

Vers une escroquerie au renseignement

La déclaration de Renault intervient après que le procureur de la République de Paris a jugé que cette affaire relevait d'une "possible escroquerie au renseignement". "Il semble que Renault n'a peut-être pas été victime de salariés indélicats mais éventuellement d'escrocs", a indiqué Jean-Claude Marin, au lendemain du placement en détention d'un responsable de la sécurité de Renault, Dominique Gevrey.

Le constructeur automobile va se constituer partie civile dans "le dossier d'escroquerie en bande organisée qui fait l'objet d'une instruction ouverte par le Procureur de la République". Renault, qui dit avoir pris connaissance des informations communiquées par le procureur de la République de Paris dans le cadre de l'enquête, assure renouveler "son entière confiance à la justice" pour élucider l'affaire.