Renault partage sa stratégie avec l’Etat

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Renault partage sa stratégie avec l’Etat
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L'Etat participera désormais à un comité stratégique du constructeur automobile Renault.

L’Etat s’immisce dans la stratégie de Renault. Après la polémique suite à une éventuelle délocalisation de la production de la future Clio IV en Turquie, Nicolas Sarkozy et Carlos Ghosn ont décidé conjointement que l’Etat participera désormais à un comité chargé de définir la stratégie industrielle du constructeur automobile français. La décision a été prise par le chef de l’Etat et le PDG du constructeur automobile français lors d’un entretien samedi à l’Elysée.

Nicolas Sarkozy "a été très ferme" et a dit "clairement" à Carlos Ghosn que l'Etat, qui détient deux sièges au conseil d'administration, entendait "partager la stratégie industrielle" du groupe, a indiqué dimanche le ministre de l’Industrie Christian Estrosi. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a précisé au micro d’Europe 1 que Carlos Ghosn avait lui-même proposé qu'un représentant de l'Etat siège à ce comité stratégique afin, par exemple, que les décisions impliquant des délocalisations soient portées très en amont à la connaissance de l'Etat actionnaire. Le débat entre Renault et l'Etat français est "apaisé" depuis la rencontre de samedi, assure lundi le ministre du Budget Eric Woerth.

Le gouvernement souhaite organiser le secteur automobile français en filière, a indiqué le ministre de l’Industrie. Un groupe de travail, dont les travaux commenceront selon lui la semaine prochaine, s'attellera à cette question, avec notamment pour objectif d'"arrêter les délocalisations" et de défendre l'emploi chez les fournisseurs français, a-t-il précisé.

Samedi, le président de Renault s'est engagé à ce que le constructeur produise une partie de la future Clio IV dans son usine de Flins, près de Paris. Nicolas Sarkozy et le gouvernement souhaitaient de Renault la garantie que la nouvelle Clio ne serait pas entièrement fabriquée à l'étranger, en particulier à Bursa, en Turquie.

Les résultats de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Carlos Ghosn ont été qualifiés par la CFDT-Renault de "marché de dupes". Le syndicat accuse le gouvernement de s'être livré à une "mascarade de communication" et reste inquiet. Le responsable de la CFDT à Renault, Fred Dijoux, assure que "même si un volume d'activité est assuré à Flins par la future voiture électrique Zoe, ce volume ne suffira pas pour assurer l'emploi" dans l'usine pour les 2.900 salariés. L’anxiété est la même à la CGT-Renault, comme le confirme le délégué Olivier Augustin au micro d’Elisabeth Assayag :


Quant à une éventuelle hausse de la participation de l’Etat, aujourd’hui principal actionnaire avec 15%, le ministre de l'Industrie a ajouté que la question n'était pas d'actualité "pour le moment". "C'est déjà pas mal 15% du capital. Je crois qu'on a notre mot à dire", a souligné pour sa part le ministre du Budget.