Renault-Nissan réfléchit-il à un schéma de bonus cachés pour ses dirigeants ?

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Selon l’agence Reuters, le constructeur automobile pourrait adopter un projet permettant de verser des millions d’euros de bonus annuels supplémentaires au PDG Carlos Ghosn et à d’autres dirigeants. 

Les actionnaires de Renault se réunissent jeudi pour déterminer la rémunération du PDG Carlos Ghosn, qui avait fait polémique l’an dernier. Deux jours avant ce rendez-vous très attendu, Reuters a dévoilé un projet qui pourrait raviver le débat. Selon l’agence de presse, l'alliance Renault-Nissan réfléchirait à verser des millions d'euros de bonus annuels supplémentaires à Carlos Ghosn et à d'autres dirigeants, via une société de service créée spécialement pour l'occasion. Le constructeur a, de son côté, démenti cette information.

Une société indépendante qui n’aurait pas besoin de l’accord des actionnaires. Le projet prévoirait de créer une société indépendante, enregistrée aux Pays-Bas, dans laquelle Renault, Nissan et Mitsubishi verseraient 8% des économies qu'ils réalisent grâce aux synergies de leurs activités. Cet argent pourrait ensuite être versé sous forme de bonus aux responsables et donc à Carlos Ghosn. Sauf qu'avec ce montage, les fonds ne viendraient pas d'une filiale, mais d'une société annexe. Renault-Nissan n’aurait ainsi pas besoin de soumettre ces montants aux actionnaires.

Or, la rémunération du PDG (15 millions d'euros par an au total) avait fait polémique l'an dernier. Les actionnaires avaient rejeté la rémunération de Carlos Ghosn pour 2015, à 54%, mais le conseil d'administration était passé outre. Une décision qui avait provoqué un tollé et avait incité le gouvernement à durcir l’arsenal législatif en matière de traitement des dirigeants. Désormais, les actionnaires bénéficient de nouveaux droits pour limiter la rémunération des dirigeants.

Renault dément. Ce projet de Renault-Nissan, s’il se concrétise, serait une manière de contourner la loi selon le directeur général du cabinet de conseil Proxinvest, Loic Dessein. "Avoir recours à une fondation néerlandaise, qui ne serait pas une filiale de Renault, est une tentative de contournement de l’esprit de la loi pour que ce ne soit pas contrôlable par les actionnaires, et donc par l’Etat, qui est le plus grand d’entre eux".

La CGT a, de son côté, dénoncé un tel projet qui constituerait selon elle "un nouveau moyen d'amasser les fruits du travail des salariés" et a indiqué dans un communiqué avoir "interpellé dès cet après-midi (mardi) Carlos Ghosn afin qu'il s'explique". Renault-Nissan affirme de son côté qu'aucun projet de ce type n'est mis en place aujourd'hui, et qu'il s'agit uniquement  de spéculation.