Renault : les principaux acteurs de l’affaire

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Renault : les principaux acteurs de l’affaire
Depuis janvier dernier, le P-DG de Renault, Carlos Ghosn, a du affronter une histoire présumée d'espionnage indémêlable.@ MAXPPP
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Tour d’horizon des différents protagonistes de l’affaire présumée d’espionnage.

Depuis le mois de janvier, date de la révélation de l’affaire présumée d’espionnage chez Renault, les noms ont défilé dans les colonnes des journaux. Europe1.fr opère un retour sur les personnalités marquantes de l’affaire.

Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, le faux trio espion. Les trois cadres ont été accusés d’espionnage industriel, qui aurait bénéficié à une firme chinoise. Michel Balthazard est directeur de l’Amont et des projets chez Renault, Bertrand Rochette est son bras droit, et Matthieu Tenenbaum est directeur adjoint du programme électrique. Le 15 janvier, ils se sont vu notifier leur licenciement par courrier, sans connaître les faits exacts qui leur étaient reprochés, et ont par la suite toujours clamé leur innocence.

Aujourd’hui, les trois cadres de Renault ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse et diffamation. Bertrand Rochette avait ouvert la voie en tenant une conférence de presse le 24 janvier, visant à clamer son innocence. Le 19 janvier, il a engagé une action en diffamation. Son dernier recours remonte au 11 mars, date à laquelle le cadre a adressé une "sommation interpellative" à Nicolas Sarkozy visant à obtenir l’intitulé exact de la plainte de Renault.

Matthieu Tenenbaum avait de son côté fait part de son désarroi à Europe 1 le 20 janvier dernier. "Je conteste totalement, je réfute vraiment tout ce que je lis dans la presse. Cela m’est même complètement étranger. Je ne m’explique pas qu’on puisse m’accuser de choses comme ça", avait confié l’employé de Renault.

Les chargés de sécurité. Après les trois cadres de Renault, ce sont Marc Tixador et Rémi Pagnie, enquêteurs du service de sécurité de Renault, qui se sont retrouvés dans la tourmente. Les deux hommes sont soupçonnés d'"escroquerie au renseignement". Depuis le début de l'affaire, ils refusent de révéler le nom de leur informateur.

Rémi Pagnie et Marc Tixador ont été placés en garde à vue les 11 et 12 mars dans les locaux de la Direction centrale du renseignement intérieur. Les deux hommes ont été remis en liberté au terme de leur garde à vue, aucune charge n’ayant été retenue contre eux.

Dominique Gevrey, l’ancien de la Défense. Il est l’enquêteur de Renault à l’origine du licenciement des trois cadres mis en cause. Dominique Gevrey a été interpellé le 11 mars à l'aéroport de Roissy alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour Conakry, avait appris Europe 1.

Dominique Gevrey a fait sa carrière militaire à la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), où il gérait les sources. Son travail sur les mercenaires français en Afrique lui avait attiré quelques inimités. Au terme de sa garde à vue, il a été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée" et placé en détention, comme l'avait réclamé le parquet.

Le "corbeau". L'informateur anonyme de Renault a assuré que les trois cadres mis en cause avaient touché de l'argent sur des comptes bancaires en Suisse et au Liechtenstein pour espionner le programme de véhicules électriques de Renault. Le "corbeau", dont les dénonciations erronées ont suscité les soupçons d'espionnage chez le constructeur, aurait reçu 250.000 euros pour son enquête, en attendrait 200.000 autres et en réclame 900.000 pour apporter des preuves, selon des informations du Canard enchaîné parues le 9 mars. Les responsables de la sécurité de Renault ont refusé de dévoiler l'identité de cette source.

Patrick Pelata, la tribune de Renault. Le numéro deux du groupe Renault a été plus exposé aux médias que son supérieur. Le directeur général délégué s’est en effet confié le premier à la presse. Le 8 janvier dernier, il Patrick Pelata déclare au Monde que Renault est victime d'une filière internationale organisée. Selon lui, des informations sur l'architecture des véhicules électriques, les coûts et le modèle économique du programme ont pu faire l'objet de fuites, mais "aucune pépite technologique". Le 1er mars dernier, il demande à être reçu à Matignon pour faire le point sur l’affaire. Peu d’informations ont filtré suite à cette réunion, mais, d’après Le Parisien, Patrick Pelata s’orientait vers un règlement de comptes en interne. Le 3 mars, dans une interview au Figaro, Patrick Pelata laisse entendre "qu’un certain nombre d’éléments" amènent désormais Renault à "douter" des faits d’espionnage. Il se disait alors prêt à en tirer toutes les conclusions, "jusqu'au niveau le plus haut de l'entreprise". Avec Carlos Ghosn, il affirme lundi vouloir s’engager "à ce que réparation soit apportée aux trois cadres concernés".

Carlos Ghosn, la fermeté de la direction. P-DG de Renault et Dacia depuis 2005, il préside également le directoire de Nissan depuis 2000. L’industriel d’origine libanaise s’est exprimé fermement à plusieurs reprises sur le dossier d’espionnage présumé. Fin janvier, après avoir commandé un audit interne, il confie au Journal du dimanche avoir été "surpris et choqué" par les informations qui lui sont parvenues fin 2010 concernant le rapport d’enquête interne mettant en cause trois cadres de Renault. Le patron de la marque au losange a alors pris l’initiative de porter plainte contre X pour "des faits constitutifs d'espionnage industriel, de corruption, d'abus de confiance, de vol et recel, commis en bande organisée", auprès du procureur de Paris.

Alors que le parquet de Paris a renoncé lundi à toute hypothèse d’espionnage, le syndicat FO appelle Carlos Ghosn à démissionner. Le dirigeant s’est fendu d’un communiqué en forme de mea culpa, dans lequel il exprime désormais ses "vifs regrets" aux trois cadres mis en cause.