Renault : les accusés se défendent

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Renault : les accusés se défendent
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TEMOIGNAGES - "Atteinte à ma dignité", "soupçon insupportable" : les trois cadres nient en bloc.

Accusés d’avoir participé à la vaste opération d’espionnage des programmes de voitures électriques de Renault, les trois cadres de l’entreprise sortent au fur et à mesure du silence pour se défendre.

Reçus mardi par leur employeur pour des entretiens préalables au licenciement, tous les employés accusés sont ressortis dans le même état, abasourdis, et nient toutes les accusations en bloc.

“Victime d’une affaire qui me dépasse“

Michel Balthazard, membre du comité de direction de Renault depuis 2008 et qui chapeaute le programme véhicules électriques chez Renault, voit ainsi dans les accusations d’espionnage industriel à son encontre “une grave atteinte à ma dignité et à mon intégrité“.

"Je me considère comme une victime d’une affaire qui me dépasse", dénonce-t-il :

Renault sommé d’apporter des preuves

Matthieu Tenenbaum, directeur adjoint du programme véhicule électrique depuis 2007, est lui aussi accusé d’espionnage industriel. Il n’a pas souhaité réagir à l’issue de son entrevue, préférant son avocat, maître Thibault de Montbrial, s’en charger. Ce dernier a rappelé “qu’il incombe (à la société Renault) de justifier un par un les faits sur lesquels la mesure de licenciement est envisagée“.

“Premièrement, monsieur Tenenbaum est accusé sur la base d’une lettre anonyme. Deuxièmement, cette lettre anonyme indiquerait au conditionnel que monsieur Tenenbaum aurait reçu des pots de vin et aurait commis des actes contraires à l’éthique. Quels pots de vin ? Combien ? Ou ? Comment ? Par qui ?“, a poursuivi l’avocat, avant de préciser que son client “demande à être entendu le plus rapidement possible par la justice, à la disposition de laquelle il se met, lui, sa famille, ses comptes bancaires, ses téléphones, sa voiture…afin qu’une fois pour toute il soit lavé des soupçons insupportables qui sont portés à son encontre“.

Une plainte déposée mercredi

Le troisième homme, Bertrand Rochette, un adjoint de Michel Balthazard chargé des avant-projets de Renault, a également tout rejeté en bloc mardi soir, affirmant vivre un "vrai cauchemar".

Le constructeur automobile, qui devait déposer une plainte mercredi, le fera finalement jeudi. Puis, avant la fin de la semaine, il enverra aux trois cadres concernés leur lettre de licenciement.