Renault : deux sites sur la sellette ?

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Renault : deux sites sur la sellette ?
@ MAX PPP
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C'est l'argument qu'aurait dégainé la direction, qui dément, face aux syndicats.

Alors que Renault est confronté à une baisse de ses ventes, syndicats et direction se sont retrouvés mardi pour discuter d'un possible "pacte de compétitivité", qui permettrait de réduire les charges salariales de l'entreprise en France. Et les discussions s'annoncent déjà électriques.

Renault menace ? Pour faire plier les syndicats, la direction aurait menacé de fermer deux usines si aucun accord n'était trouvé sur les salaires. "La direction nous a prévenus : 'si vous ne signez pas, il se pourrait que deux sites ferment' ", a indiqué Laurent Smolnik, délégué central FO, selon qui la direction n'a pas précisé quels sites pourraient être touchés. Des délégués CGT et CFE-CGC ont confirmé ces propos. Plusieurs véhicules, qui devaient initialement être produits en France, seraient également redirigés vers des usines à l'étranger, où le coût du travail est plus faible.

Le démenti. L'entourage du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg n'a pas tardé à commenter : "les discussions qui sont en cours actuellement chez Renault doivent évidemment respecter le dialogue social et donc la méthode des négociations et, en aucun cas, ne s'apparenter à du chantage". Mais la direction a, de son côté, rapidement démenti avoir tenu de tels propos : "Renault n'a jamais indiqué que deux sites pourraient être fermés en cas de non conclusion des négociations en cours sur la performance de ses sites français", a écrit le constructeur dans un communiqué.

L'enjeu : restaurer la compétitivité. Pour Renault, ces négociations sont de toute façon capitales. Le groupe automobile, qui est confronté à une forte baisse de ses ventes en Europe, doit à tout prix trouver un moyen de restaurer sa compétitivité. Il compte pour cela sur deux leviers. D'une part, diminuer les effectifs, de 7.500 d'ici à 2014. Il souhaite également obtenir de la part des syndicats une forte limitation des augmentations salariales.

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La direction de l'entreprise a ainsi demandé un gel des salaires cette année, avant de limiter les hausses à 0,5 % en 2014 et 0,75 % en 2015. A titre de comparaison, en 2012, les salaires avaient augmenté de 3 %. En échange, elle s'est dite prête à garantir qu'aucun site de production ne serait fermé, et que le nombre de véhicules produits en France augmenterait significativement.

Le cas espagnol.  Pour défendre ses arguments, la direction compte également sur l'exemple espagnol. Confrontée au même problème de surcapacité qu'en France, elle a obtenu là-bas un "pacte social", qui permettait de faire travailler les salariés entre un et trois jours de plus par an, de plafonner les augmentations salariales et de réduire le salaire des nouveaux embauchés. En échange, Renault s'est engagé à ne fermer aucune usine, et a même promis une hausse de la production.

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