Renault accusé d'être allé trop vite

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Renault accusé d'être allé trop vite
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INFO E1 - Les deux enquêteurs du groupe avaient demandé un délai pour boucler leur enquête.

Nouvelles révélations dans l’affaire d’espionnage chez Renault. Les deux enquêteurs du constructeur, Marc Tixador et Dominique Gevrey, ont été à leur demande entendus par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) pour critiquer la version qui a été faite par leur hiérarchie dans cette affaire. Selon les deux hommes, la direction du groupe est allée beaucoup trop vite dans ses conclusions.

Marc Tixador et Dominique Gevrey n'ont pas directement mis en cause Carlos Ghosn et Patrick Pelata mais ils auraient évoqué la demande de leur hiérarchie de garder pour eux certaines informations extérieures à l'affaire, vraisemblablement au sujet de leur partenaire Nissan. Les deux enquêteurs de Renault auraient également rappelé qu'ils avaient demandé trois mois supplémentaires pour finaliser leur enquête. Un délai qu'ils n'ont pas obtenu alors qu'ils ont signalé depuis le début qu'il n'y avait pas, en décembre, de preuves opposables en justice dans le dossier.

Ils seront les "premiers fusibles à sauter"

Sur ce point, les deux anciens policiers estiment que le directeur des cadres de Renault, le responsable juridique et le chef de la sûreté de Renault ont persuadé la direction de Renault d'aller vite. Trop vite.

Les deux enquêteurs internes de Renault parlent parce qu'ils ont la certitude qu'ils "seront parmi les premiers fusibles à sauter et ils veulent vendre chèrement leur peau", confie un proche. C'est la raison pour laquelle ils n'ont toujours pas donné le nom de leur source. Ils gardent cette carte-là comme une monnaie d'échange auprès de la direction de Renault.

Une version fantaisiste pour Renault

Chez Renault, la version des enquêteurs est jugée totalement fantaisiste. On met en avant des dizaines de mails internes invitant tous les salariés de Renault à coopérer sans restriction avec la DCRI. "On leur demande une seule chose aujourd'hui, dit-on dans l'entourage de Carlos Ghosn, qu'ils donnent le nom de cette fameuse source. Si jamais elle existe". La DCRI a indiqué à Renault qu'elle aurait fini son enquête d'ici la fin du mois de mars.

L'informateur anonyme de Renault, dont les dénonciations sont au coeur de l'affaire, a reçu 250.000 euros pour son enquête, en attend 200.000 autres et en réclame 900.000 pour apporter des preuves, selon Le Canard enchaîné de mercredi. Selon le journal satirique, cette source s'est dite prête à apporter les preuves écrites de ses accusations en échange de 900.000 euros supplémentaires. Renault a confirmé mercredi à Europe 1 le versement de 250.000 euros pour payer la source. Une somme importante mais réaliste dans une affaire d'espionnage international.