Renault a des comptes à rendre

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Renault a des comptes à rendre
Carlos Ghosn va devoir expliquer devant les actionnaires de Renault comment il a géré cette affaire d'espionnage qui prend des airs d'arnaque organisé par un cadre de l'entreprise.@ EUROPE 1 PIERRICK FAY
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Ses actionnaires sont réunis vendredi pour la première fois depuis la fausse affaire "d’espionnage".

Ambiance électrique en perspective pour Renault, qui convie vendredi ses actionnaires en assemblée générale, la première depuis la fausse affaire d’espionnage et le limogeage de trois cadres, puis du numéro deux du groupe.

Après avoir accusé trois ex-employés puis avoir fait le dos rond, le constructeur automobile va devoir rendre des comptes, Carlos Ghosn est particulièrement visé par des actionnaires très remontés.

Forte affluence attendue

Organisée au Palais des congrès de la porte Maillot, à Paris, l’assemblée générale devrait bénéficier d’une affluence "plus importante que d'habitude", a reconnu un porte-parole de Renault.

Les petits porteurs, qui possèdent près de 63% du capital, devraient venir en nombre, notamment pour exprimer leur mécontentement après une gestion de crise pour le moins hasardeuse. Le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest a annoncé la couleur en lançant une campagne "contre la concentration des pouvoirs du PDG", l'emblématique Carlos Ghosn.

Carlos Ghosn : fin de l’état de grâce

S'il a été épargné par le conseil d'administration dans l'affaire d'espionnage, Carlos Ghosn pourrait être chahuté par les petits actionnaires. Il lui est notamment reproché d’avoir affirmé sans preuve que l’entreprise était victime d’espionnage, y compris dans les journaux télévisés.

"C'est agaçant d'entendre que Carlos Ghosn est formidable", a ainsi déclaré Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam). "Sur le plan du développement commercial et industriel, c'est loin d'être fameux et sur le plan de la gouvernance, c'est un échec cuisant", a-t-elle ajouté.

Qui pour épauler Carlos Ghosn ?

Pour initier une réorganisation à la tête du groupe et clore cette affaire qui le secoue depuis janvier, Renault a démis le 11 avril le bras droit de Carlos Ghosn, le directeur général délégué, Patrick Pélata. Aujourd'hui, les actionnaires, notamment salariés, s'inquiètent de savoir qui le remplacera, mais l'annonce d'un successeur vendredi paraît toutefois peu probable.

Patrick Pélata sera "difficile à remplacer", ont souligné deux sources syndicales. "Nous préfèrerions quelqu'un d'interne à l'entreprise mais on craint que l'Etat n'impose un candidat extérieur", a ajouté l'une d'elles. L'Etat est en effet le premier actionnaire du groupe avec 15,01% du capital.