Rémunération des fonctionnaires : les plans du gouvernement

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Rémunération des fonctionnaires : les plans du gouvernement
@ PHILIPPE.HUGUEN/AFP
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ARGENT - Marylise Lebranchu a dévoilé mardi comment elle souhaite réformer les grilles salariales et le déroulé des carrières.

Leur point d’indice gelé depuis 2010, les cinq millions fonctionnaires sont à la diète. Ces derniers ne cachent pas leur mécontentement et le gouvernement l’a bien entendu, d’autant plus que la Fonction publique peine de plus à plus à attirer certains profils. La ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu prépare donc une réforme des carrières et a présenté mardi une première mouture aux syndicats de fonctionnaires. Au menu : un coup de pouce en début de carrière et une progressivité renforcée.

Le constat : des salaires bloqués et des carrières "en S". Si la Fonction publique assure la sécurité de l’emploi et des conditions de retraite avantageuses, elle est en revanche moins généreuse en matière de rémunération. C’est encore plus vrai depuis 2010, date à laquelle l’Etat a renoncé à revaloriser le point d’indice, qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires. Ces derniers réclament donc un coup de pouce, une requête sur laquelle travaille le gouvernement.

Au-delà des enjeux corporatistes, ce dernier est en effet confronté à double problème qu’il espère résoudre à cette occasion. Il y a d’abord l’attractivité de la Fonction publique, qui est de moins en moins forte pour les postes de cadres, si bien que l’Etat peine à recruter certains profils de la catégorie A. Il y ensuite le déroulé de carrière des fonctionnaires, qui est problématique : si les rémunérations sont faible au début, elles augmentent rapidement avant de plafonner jusqu’à la fin de la carrière. Un modèle en S qui pose problème en matière de gestion des effectifs et de leur motivation.

Un meilleur début contre des carrières plus progressives. Le gouvernement souhaite donc revoir ce modèle en faisant commencer les fonctionnaires à des rémunérations un peu plus élevées mais avec une augmentation plus progressive jusqu’au sommet. En clair, il faudra plus de temps à un agent pour atteindre son plus haut niveau de salaire, la durée actuelle étant d'environ 25 ans.

En échange de cette plus grande progressivité, les fonctionnaires gagneraient un peu plus en début de carrière : la ministre a évoqué une augmentation qui irait de "30 - 40 euros bruts" et jusqu'à "70 euros" pour les catégories A. Un professeur en début de carrière touchera ainsi 74 euros bruts par mois supplémentaires, un(e) assistant(e) social(e) 40 euros, ou un agent de propreté 31 euros.

Une réforme prévue pour 2020. Le gouvernement entend revoir d'ici à 2020 toutes les grilles de rémunération, mais il ne pourra pas le faire sans l’accord des organisations syndicales. Or le gouvernement a prévenu : sans accord majoritaire de ces derniers, il n'y aura "pas de révision des grilles", ce qui peut être vu comme une tactique pour éviter une surenchère entre syndicats.

Du côté des syndicats, on préfère finir d’étudier les propositions du gouvernement avant de se prononcer. Et on préfère surtout insister sur le dégel du point d’indice, d’autant plus que la proposition de Marilyse Lebranchu de n’en parler qu’au printemps 2016 laisse entendre qu’aucune revalorisation n’interviendra d’ici là.