Réforme du code du travail : pourquoi les syndicats sont-ils si calmes ?

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Réforme du code du travail : pourquoi les syndicats sont-ils si calmes ?
@ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Bataille parlementaire en vue : l'Assemblée nationale s'attaque lundi à la réforme controversée du Code du travail par ordonnances.

Alors que démarre lundi le débat en séance publique à l'Assemblée sur le projet de loi d'habilitation sur la réforme du code du travail, une chose frappe les esprits : dans l'ensemble, les syndicats restent plutôt bien disposés à l'égard du gouvernement, ce qui peut surprendre quand on se souvient des déclarations "remontées" de la plupart des grands leaders avant l'ouverture de la concertation.

Des rassemblements peu suivis. Attention, terrain miné. Voilà ce que disaient les commentateurs il y a encore quelques semaines. Il y a, certes, les froncements de sourcils du secrétaire général de la CGT Philippe Martinez - qui annonce une journée d'action le 12 septembre prochain - et les quelques rassemblements du Front social, ces dernières semaines, avec à chaque fois quelques centaines de personnes tout au plus. Mais on est loin, très loin, de la fièvre que la France avait connue il y a un an contre la loi El Khomri. Alors que la réforme préparée par Muriel Pénicaud s'inscrit exactement dans la même veine. ..

Une vraie concertation a été engagée. Que s'est-il passé ? Il y a d'abord le fait que, là, il y a une vraie concertation, avec quelque 48 réunions au total - des réunions en tête à tête avec chaque syndicat où l'on se dit des choses sans être épiés par les autres. Il y a aussi des signaux qui ont été envoyés par le gouvernement. Par exemple le fait que la branche professionnelle continuera à jouer un rôle important, alors que la crainte était qu'elle soit fortement déplumée au profit des négociations en entreprise.

Et puis il y a le fait que le candidat Macron avait annoncé la couleur dans sa campagne, alors que la loi Travail de 2016 était sortie par surprise, dans la dernière année du quinquennat de François Hollande. Tout cela favorise un climat apaisé. Mais attention : la crispation peut poindre à tout moment. Par exemple sur le sujet sensible du plafonnement des indemnités prud'homales qui va être discuté à partir de lundi.