Ravitailleur : "l’affaire est grave"

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Ravitailleur : "l’affaire est grave"
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Pierre Lellouche assure que Nicolas Sarkozy interviendra "au moment venu" dans l'affaire.

Deux jours après qu’Airbus, filiale d'EADS, a été contraint de renoncer à participer à un appel d'offres pour un méga-contrat d'avions ravitailleurs pour l'armée de l'air américaine, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche ne décolère pas et parle d’une "affaire grave".

Il y aura des conséquences

Le retrait de l'avionneur européen EADS de l'appel d'offres laisse l'américain Boeing seul en course pour ce contrat. "Je peux vous assurer qu'il y aura des conséquences (...) le président de la République interviendra là-dessus le moment venu. Cette affaire n'est nullement close", a déclaré le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. « J'ai toujours été un partisan d'une Europe forte dans une alliance atlantique mais c'est quelque chose qui marche dans les deux sens", a-t-il insisté.

"Il est bien évident que si on doit se coucher devant le fait accompli du Pentagone et que personne ne doit rien dire, c'en est fini de notre crédibilité européenne (...) il faut que l'Europe de la défense existe, pour cela il faut qu'une industrie existe et il faut se faire respecter", a-t-il ajouté.

"Certains sont totalement fermés"

Le patron d'Airbus, Thomas Enders, avait dénoncé, mardi, un appel d'offres "biaisé en faveur de l'avion plus petit et moins performant de la concurrence". Ce contrat avait été attribué une première fois à Boeing en 2003, puis une deuxième fois à Airbus et Northrop Grumman en 2008 et à chaque fois annulé.

"Ce n'est pas la peine de demander aux Européens de contribuer à la défense globale, de se mobiliser pour la défense commune si on leur dénie le droit d'avoir des industriels qui puissent travailler des deux côtés de l'Atlantique", a jugé le secrétaire d'Etat. "On nous accuse toute la journée de protectionnisme, la vérité c'est que nous sommes ouverts et que certains sont totalement fermés, et ça n'est pas normal", a-t-il conclu.

La Commission européenne a jugé mardi "hautement regrettable" le retrait d'Airbus et s'est inquiétée que les termes du contrat puissent être biaisés.