Rachat d'Alstom : qui veut quoi ? On vous explique

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Rachat d'Alstom : qui veut quoi ? On vous explique
@ Reuters
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ANTISÈCHE - General Electric et Siemens sont en lice pour le rachat de la branche énergie d'Alstom. Le gouvernement, lui, explore encore d'autres pistes.

Arnaud Montebourg a exhorté dimanche le groupe Alstom, qui fait l'objet de propositions de General Electric et de Siemens pour le rachat de sa partie énergie, à prendre le temps d'examiner les deux offres, sous peine de voir le gouvernement français tenter de faire capoter l'opération. Le titre du groupe est suspendu à la bourse de Paris jusqu'à mercredi.

LES TROIS INFOS A RETENIR

- François Hollande rencontrera le patron de GE lundi à 9h30.

- Arnaud Montebourg refuse que la décision soit prise dans la précipitation.

- Alstom a annoncé, dimanche soir, qu'il poursuivait sa réflexion stratégique jusqu'à mercredi matin.

L'ESSENTIEL

Deux candidats et une cible

#Alstom. Alstom est un fleuron de l'industrie française - avec, notamment ses TGV - qui emploie 18.000 personnes en France sur un total de 90.000 dans le monde et est, donc, en difficulté. La branche Energie d'Alstom, qui représente près de 70% de son chiffre d'affaires, regroupe des activités telles que l'éolien, les turbines pour centrales électriques, les systèmes de transmission et de distribution d'énergie.

#General Electric. La proposition de General Electric porte sur le rachat de la partie énergie d'Alstom, en grande difficulté. Le groupe américain emploie 10.000 personnes en France et offrirait 13 milliards de dollars (9,4 milliards d'euros) pour la partie énergie d'Alstom selon des sources proches du dossier et entend visiblement aller vite en besogne, tout comme Alstom. Alstom Transport, qui fabrique le TGV, n'est pas concerné par l'offre de GE.

Mais Arnaud Montebourg, ardent promoteur du patriotisme économique, avait indiqué dès vendredi qu'il disposait d'un "certain nombre d'autres solutions" qu'un accord avec GE pour éviter un démantèlement d'Alstom.

#Siemens. Siemens, de son côté, propose, comme General Electric, de reprendre l'activité énergie d'Alstom, contre une somme en liquide, et offre au groupe français la moitié de sa branche transports en complément de paiement. Le groupe allemand Siemens emploie 7.000 personnes en France sur 7 sites industriels pour un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros en 2013. Siemens ajoute que, "dans le contexte actuel", il ne donnera pas "dans l'immédiat de plus amples précisions".

Une alliance ou une fusion de certaines activités avec son grand rival Siemens donnerait corps à cet "Airbus franco-allemand de l'énergie" que François Hollande a appelé de ses vœux lors de sa conférence de presse de janvier. Mais "la solution Siemens a été rejetée il y a longtemps, notamment parce qu'elle entraînerait un bain de sang social et serait donc inacceptable pour le gouvernement français", a souligné une source industrielle au fait du dossier.

Les exigences du gouvernement : emplois et patience

#L'emploi. De son côté, "le gouvernement est prêt à examiner leurs projets avec le souci de préserver les intérêts de la base industrielle de la France et à y participer financièrement", ajoute le ministre. Il réaffirme les exigences du gouvernement - maintien en France de l'emploi, de la recherche-Développement et des centres de décision, particulièrement pour maintenir "l'excellence et l'indépendance de la filière nucléaire française".

#Le temps. Arnaud Montebourg souligne que si GE et Alstom, dont un conseil d'administration est prévu dimanche, "ont leur calendrier", "le gouvernement français a le sien, qui est celui de la souveraineté économique". Il entend ainsi "disposer du temps nécessaire à un examen sérieux des propositions" et exhorte Alstom, qui vit "notamment de la commande publique et du soutien de l'Etat à l'exportation", à examiner l'ensemble des offres. "Compte tenu des enjeux stratégiques pour l'industrie et l'économie française, le gouvernement n'acceptera pas qu'une décision soit prise, quelle qu'elle soit, dans la précipitation et sans l'instruction conjointe avec les intérêts de la Nation des choix alternatifs", conclut le ministre de l'Economie.

#Le calendrier. Le rendez-vous prévu dimanche à Paris entre Arnaud Montebourg et le président de General Electric, Jeffrey Immelt, a ainsi été reporté de quelques jours pour "ne pas être mis devant le fait accompli", a dit une porte-parole du ministre.Finalement, c'est François Hollande qui le rencontrera dès lundi matin  à 9h30, a-t-on appris dimanche soir.

Les autres pistes

Parmi les autres pistes, l'activité "réseaux et distribution d'électricité", qui représente 19% des 20,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'Alstom, pourrait être proposée à Schneider Electric ou la division éoliennes offshore à Areva.

La décision

Le groupe Alstom a annoncé dimanche soir poursuivre et approfondir "sa reflexion stratégique", jusqu'à mercredi matin. Dans un communiqué de deux lignes, Alstom précise qu'il "informera le marché d'ici mercredi 30 avril matin" du fruit de sa réflexion et que "dans cette attente", la cotation du titre à la Bourse de Paris "reste suspendue".

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