Que faut-il attendre de la quatrième conférence sociale ?

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Que faut-il attendre de la quatrième conférence sociale ?
@ ERIC PIERMONT / AFP
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Le principal syndicat de France, la CGT boycottera cette réunion lors de laquelle les partenaires sociaux doivent aborder le compte personnel d'activité.

François Hollande nous a habitués à cette grand-messe annuelle. Lundi se tient la quatrième conférence sociale de son quinquennat. Le conseil économique, social et environnement de son vrai nom réunit de nouveau à Paris les représentants du patronat ainsi que les syndicats. Alors que le dossier Air France a récemment lourdement pesé sur le climat social, le gouvernement a fait le choix de ne pas faire de vagues. Les participants bûcheront sur des thèmes consensuels sans la présence de la remuante CGT, qui a préféré jouer la politique de la chaise vide.

Demandez le programme. C'est le président de la République qui ouvre la conférence au Palais d'Iéna. Après une réunion à huis clos avec les syndicats et les représentants du patronat, il prononcera un discours d'ouverture vers 11h30.

C'est dans l'après-midi que le cœur du travail aura lieu, lors de trois tables-rondes. L'une, sous la coupe de la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, traitera de la croissance verte, de la transition énergétique et de leurs enjeux sur l'emploi. En ligne de mire bien sûr, la COP21 qui se déroulera en décembre à Paris. Un autre groupe bûchera avec le ministre de l'Economie sur la transformation numérique. De quoi nourrir la nouvelle loi que concocte Emmanuel Macron pour les mois à venir, un texte qui lancera "une deuxième vague de modernisation de notre économie", a-t-il d'ores et déjà promis.

Un peu de concret avec le compte personnel d'activité. Sous la direction de la ministre du Travail Myriam El-Khomri, la troisième table ronde va, elle, intéresser directement les citoyens. Elle doit en effet avancer sur la création du compte personnel d'activité (CPA), déjà actée par la loi Rebsamen sur le dialogue social promulguée en août. Mais les modalités et les contours exacts de ce dispositif, censé voir le jour début 2017, restent à définir.

Pour le moment, le CPA est censé regrouper tous les comptes existants que doit gérer le travailleur (formation, épargne temps, pénibilité). Reste à savoir entre autres si les droits à la retraite ou ceux à l'indemnisation chômage y seront intégrés.

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Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière et la ministre du Travail Myriam El-Khomri. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)


Le Code du travail, un invité surprise ? Si ces tables-rondes ne devraient pas créer trop de remous, c'est que les sujets sensibles n'y seront pas évoqués. Et notamment celui de la réforme du code du Travail qui pourrait laisser plus de place à l'avenir aux accords d'entreprise sans toucher cependant aux 35 heures. Dans un climat social particulièrement plombé par le conflit à Air France, le gouvernement a décidé de mettre de côté ce sujet hautement épineux. Mais rien n'interdira aux partenaires sociaux d'évoquer cette réforme prévue pour 2016 lors du huit clos de lundi matin.

La CGT boude... comme en 2014. Cette quatrième conférence sociale se fera sans le principal syndicat de France, la CGT. L'annonce, mercredi soir, d'un boycott de la rencontre a fait l'effet d'une douche froide et suscité l'ire du gouvernement. Ce revirement est intervenu après l'arrestation de salariés d'Air France soupçonnés de violences. Le numéro un, Philippe Martinez, a fustigé le "deux poids, deux mesures du gouvernement", plus enclin, selon lui, à condamner les salariés que "la violence" du plan social menaçant 2.900 emplois.

En 2014, la conférence sociale avait aussi été boycottée par la CGT mais aussi par FO, la FSU et Solidaires. Cette année, ce dernier appliquera aussi la politique de la chaise vide, en "raison du lynchage des salariés d'Air France".

Et concrètement, à quoi ça sert ? Même en l'absence du principal syndicat, le fruit des tables rondes devraient servir à définir une feuille de route pour les prochaines réformes sociales, les dernières sans doute du quinquennat, la présidentielle ayant lieu dans un an et demi.

En 2014, malgré l'absence de quatre syndicats, des avancées avaient été obtenues avec la création d'un observatoire des aides publiques accordées aux entreprises.