Baisse des impôts annoncée par Hollande : "on ne voit pas bien la trajectoire définie"

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Le chef de l'Etat va réduire les prélèvements pesant sur les ménages de deux milliards d'euros en 2017. Pour l'économiste Mathieu Plane, cette baisse reste assez faible.

INTERVIEW

François Hollande devrait consacrer deux milliards d'euros à une baisse d'impôt en 2017. Invité dans Europe Midi jeudi, Mathieu Plane, économiste prévisionniste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), est revenu sur cette décision et sur on impact pour les ménages.

Une baisse relativement faible. Pour Mathieu Plane, cette baisse reste assez faible. En effet, elle est "répartie sur un certain nombre de contribuables, plusieurs millions", note-t-il. Le montant moyen de la baisse "reste relativement donc faible". "Surtout, ça arrive après un choc fiscal majeur au début du quinquennat", explique l'économiste. En effet, "l'ensemble des prélèvements qui pèse sur les ménages représente plus de 600 milliards et si on regarde le choc fiscal depuis le début du quinquennat, on a une hausse des prélèvements globaux qui est plutôt de l'ordre de 41 milliards", détaille-t-il. "Cela veut dire que l'on passera de 41 à 39 milliards de hausse sur le quinquennat", poursuit le prévisionniste. 

Trajectoire mal définie. L'impact, lui aussi, devrait être assez limité. Malgré cela, "si la baisse d'impôts est ciblée, comme on peut le penser, sur les classes moyennes, ce sont des ménages qui ont une propension à consommer assez importante. C'est à dire que le revenu qui leur est dégagé va contribuer à la consommation donc il y a un soutien à l'activité", avance-t-il. Pourtant, malgré son faible impact, ce coup de pouce "risque de fâcher la cour des comptes", explique Mathieu Plane. Enfin, "on ne voit pas bien la trajectoire qui est définie". "On fait beaucoup de hausse d'impôts en début de quinquennat et on relâche un petit peu en fin de période alors que c'est plutôt en début de période que l'on aurait du avoir un peu plus de souplesse", explique-t-il. "Là ça passe plus comme des cadeaux fiscaux alors qu'en début de quinquennat ça aurait été peut-être plus intéressant pour soutenir le pouvoir d'achat", conclut-il.