Quand l’épouse du PDG d’Eurotunnel joue les "troll"

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Quand l’épouse du PDG d’Eurotunnel joue les "troll"
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Mireille Gounon, l’épouse du PDG d’Eurotunnel, inondait des forums boursiers de messages de soutien à son mari.

"Curieux quand même que Boursorama conserve [les messages] qui diffament Jacques Gounon" : sur la très active communauté du site boursier Boursorama, une certaine "paddingt" a posté plusieurs centaines de messages du genre. Un vrai travail de "troll", le surnom donné à ces internautes qui multiplient les polémiques sur les forums internet dans le seul but de pourrir les conversations.

Tous les messages allaient dans le même sens : un soutien (très) appuyé au PDG d’Eurotunnel, décrié par les associations de petits porteurs du titre qui, elles, alimentaient ces mêmes forums de message critiques à l’endroit de Jacques Gounon.

Problème : certains de ces messages injuriaient de manière nominative Joseph Gouranton, le président de l’Association de défense des actionnaires d’Eurotunnel (l'Adacte), ainsi qu’Alain Géniteau, l’avocat du conseil d’administration de l’entreprise. Plusieurs utilisateurs, répondant aux pseudonymes de "Martine", "Pourtutu", et Paddingt, déversaient ainsi des tombereaux de noms d’oiseaux ("pervers", "charognard", "planche pourrie", "mauvais génie") à l’adresse des deux hommes.

Au bout de quelques mois, Joseph Gouranton et Alain Géniteau décident de porter plainte, raconteLe Monde, dans son édition du 3 octobre, s’appuyant sur des révélations de l’édition d’octobre du magazine Capital.

"Au bout de plusieurs mois d’enquête, en remontant les adresses IP [le "numéro" qui identifie chaque ordinateur connecté à internet], les enquêteurs sont arrivés jusqu’aux résidences de Jacques Gounon, à Paris, et en Belgique, où son épouse est domiciliée", écrit Le Monde.

La justice n’a pas du tout aimé les activités de la femme de Jacques Gounon : le tribunal correctionnel de Paris l’a condamnée à verser 5.500 euros de dommages et intérêts à l’avocat Alain Géniteau, qui avait porté plainte pour "diffamation" et "injure publique". Le président de l’Adacte, qui avait, lui, intenté une action en justice pour "campagne de désinformation" a été débouté.