PSA: les syndicats (vraiment) convaincus?

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PSA: les syndicats (vraiment) convaincus?
Quatre syndicats de PSA Peugeot Citroën se sont dits favorables mardi à un projet d'accord sur les mesures d'accompagnement des salariés visés par le plan de sauvegarde;@ MAX PPP
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Quatre syndicats sont favorables à un projet d'accompagnement du plan social. Mais…

L'ACTU. Les syndicats vont-ils accepter les conditions de PSA ? Quatre d'entre eux se sont dits favorables mardi à l'accord proposé par la direction, portant sur l'accompagnement du plan social monstre annoncé l'été dernier. La CFE-CGC, le CFTC, FO et le SIA, syndicat majoritaire à Aulnay-sous-Bois, ont jugé que des avancées positives avaient été faites. Ce qui était loin d'être gagné il y a encore quelques mois.

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Boursier.com - Quatre syndicats valident le projet d'accompagnement des salariés de PSA

Bientôt la dernière étape. Ce projet d'accord intervient à l'occasion de l'ultime séance de négociations sur l'accompagnement social de la restructuration. Il s'agissait de la dixième réunion entre syndicats et direction depuis cet été. Et il devra être entériné lors d'un Comité central d'entreprise extraordinaire, au Printemps.

Ce que contient l'accord. Entre 2012 et 2014, 11.214 suppressions de postes sont envisagées chez le premier constructeur français, dont 3.000 à Aulnay, site qui va fermer entièrement ses portes, et 1.400 à Rennes, avec une phase de départs volontaires ouverte jusqu'au 31 décembre. Parmi les points concédés aux syndicats : le traitement des seniors, qui bénéficieront de 36 mois de congés de reclassement avant leur retraite, des mesures en faveur des salariés qui veulent retrouver un CDI dans une autre entreprise ainsi que la mise en place de dispositifs de transition professionnelle.

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Le SIA a-t-il vraiment dit "oui" ? L'accord du Syndicat indépendant de l'automobile (SIA) n'était pas joué d'avance. Fin 2012, le syndicat, majoritaire à Aulnay (14% dans tout le groupe), expliquait encore refuser qu'il y ait "ne serait-ce qu'un chômeur à Pôle emploi". Or, rien ne garantit aujourd'hui qu'une telle revendication soit honorée par la direction, notamment si certains salariés refusent les départs volontaires. "Nous émettons un avis favorable, mais nous serons très vigilants quant aux conditions d'application de cet accord", a simplement prévenu mardi le délégué central Serge Mafi, après la réunion avec la direction.

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Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO

© Reuters

Et les autres ?  Les trois autres centrales, hormis la CGT, se sont d'avantage montrées ouvertes à la négociation depuis le début. "Nous nous battrons pour qu’aucun salarié ne reste sur le carreau. Il faudra que le groupe s’engage à réindustrialiser les sites", avait tout de même prévenu le secrétaire national de FO, Jean-Claude Mailly, le 29 janvier dernier. Mais au niveau local, le ton a toujours été à l'apaisement vis-à-vis de la direction. "PSA perd 7 millions d'euros chaque jour. Nous sommes à l'agonie. Ce plan est nécessaire. Si la thérapie est trop lente, le malade peut mourir", avait ainsi reconnu Christian Lafaye, délégué central FO chez PSA début février. "Je pense qu'on pouvait certainement avoir mieux mais on a déjà ça", a-t-il également commenté mardi, au sujet de l'accord. La CFDT a souligné, pour sa part, la qualité des négociations mais précisé que le projet devra être encore soumis à l'approbation de sa base.

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09.10.Manif.PSA.salon.auto1.Reuters.930.620

© REUTERS

Une "honte" pour la CGT. La centrale (23 % des salariés) a estimé que le projet ne comportait aucune avancée, ni sur "le nombre d'emplois qui seraient  supprimés", ni sur le "calendrier des licenciements", ni sur le sort d'Aulnay. La signature d'un tel accord serait "une honte", avait-elle prévenu avant la rencontre, dans un communiqué. Elle appelle donc les salariés " à poursuivre les actions pour obtenir les garanties qu'ils sont en droit d'exiger."

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Des tensions encore vives sur Aulnay. La réunion s'est tenue au siège de PSA à Paris, devant lequel plusieurs dizaines de militants du SIA, rejoints par des membres de la CGT, ont manifesté contre la fermeture d'Aulnay. Ils ont placardé des affiches sur les vitrines et lancé pétards et fumigènes contre le bâtiment, dont l'accès était fermé.