PSA : inquiétudes pour le site d'Aulnay

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PSA : inquiétudes pour le site d'Aulnay
La direction de PSA Peugeot Citroën a assuré jeudi que le site d'Aulnay-sous-Bois n'était pas menacé.@ MaxPPP
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La CGT a rendu public un document sur un projet de fermeture l'usine, la direction dément.

Quel avenir prépare la direction de PSA pour le site d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis ? Direction et syndicat s'opposent sur le sujet depuis jeudi soir, après que la CGT a rendu public un document interne confidentiel évoquant la fermeture du site.

"La direction a rencontré la CGT et elle a confirmé que ce que nous avons mis sur la place publique est une réalité", a déclaré Bernard Devert, secrétaire de la Fédération des travailleurs de la Métallurgie CGT, vendredi matin sur Europe 1, avant d'ajouter : "PSA ne dément pas qu’il y a un document qui porte sur une stratégie de recomposition de l’industrie et notamment de l’activité automobile et de la branche production de voiture en France et en Europe. Il y a une perspective de réduire l’activité".

"Le document diffusé ce jour par la CGT est un document préparatoire datant d'il y a près d'un an sur la compétitivité industrielle à long terme du groupe en Europe. Il ne constitue en aucun cas un relevé de décisions", a répondu le constructeur automobile dans un communiqué.

Un document "préparatoire"

"Anticiper sur ces sujets dans le contexte de crise qui était celui de l'industrie automobile à l'été 2010 était, et reste, du devoir de la direction générale", a fait valoir PSA en affirmant que les questions de compétitivité faisaient "l'objet d'échanges réguliers" avec les partenaires sociaux. Le sujet reste néanmoins brûlant, si bien que le ministre de l'Industrie Eric Besson a reçu jeudi soir en urgence Philippe Varin, le président de PSA. Un entretien d'une quarantaine de minutes dont rien à filtré dans l'immédiat.

Le document interne présenté à la presse jeudi par la CGT affirmait que PSA Peugeot Citroën prévoyait de fermer son site d'Aulnay-sous-Bois. Le calendrier serait même bien précis : l'annonce de la fermeture se ferait au second semestre 2012, et la fermeture en elle-même interviendrait en 2014. Il indiquait également que la production serait transférée à Mulhouse et à Poissy.

La CGT craint un "transfert des activités hors de France"

Ce document interne évoque part ailleurs le sort du site de Sevelnord près de Lille, dont la fermeture était prévue en 2013. Son avenir n'a aucunement été évoqué par la direction de PSA dans son communiqué. L'objectif affiché dans le document était de réduire la production de 200.000 véhicules en Europe de l'Ouest d’ici 2020, menaçant ainsi 6.200 emplois au total.

D'où les craintes de la CGT qui demande à la direction des explications sur sa stratégie industrielle dans les prochaines années. D'autant que le site d'Aulnay-sous-Bois, qui fabriquait le plus d'automobiles au sein du groupe en 2004, a vu sa production divisée par deux en 2008. La suppression des équipes de nuit en 2010 a renforcé les inquiétudes des employés.

"Une raison purement financière"

"Dans ce programme, il n’est pas question de réduire les capacités de Peugeot, c’est de transférer les activités de Peugeot hors de France", a dénoncé Bernard Devert sur Europe 1. Et le leader de la CGT Métallurgie de dénoncer : "des groupes comme Peugeot et Renault se servent de la crise pour accélérer leur restructuration. La raison de ce plan n’est absolument pas économique, ni social, ni de marché, c’est une raison purement financière".

Les constructeurs automobiles ont en effet tendance à délocaliser le production des véhicules les moins rentables lorsqu'ils sont réalisés en France. "La tendance de ces dernières années, c'est de vendre des petits véhicules. Qui dit petits véhicules, dit coûts beaucoup plus serrés, des prix de revient beaucoup plus réduits. Est-ce que ces petits véhicules peuvent être produits en Europe de l'Ouest?", a détaillé sur Europe 1 Gaëtan Toutlemonde, analyste financier à la Deutsch Bank.

Besson a été "rassuré" par PSA

Le ministre de l'Industrie Eric Besson, qui a rencontré la direction du groupe PSA, s'est déclaré "rassuré" à l'issue de son rendez-vous. "Il (Philippe Varin, patron de PSA Peugeot Citroën) ne me l'a pas confirmé, il m'a clairement indiqué l'inverse", a assuré le ministre vendredi sur RTL. "Lorsque, hier matin, j'ai découvert ce document de travail dans la presse, je me suis dit qu'en toute hypothèse, il aurait été inacceptable pour les pouvoirs publics", a-t-il ajouté.