Prix : la guerre des supermarchés

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Prix : la guerre des supermarchés
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ENQUETE - La présence de concurrence joue sur les prix. Pas la situation géographique.

Détrompez-vous ! Ce n’est pas parce que vous habitez un quartier huppé que vous paierez plus cher votre plein de courses et vice versa. Les différences de prix entre les grandes surfaces ne dépendent pas du prix de l’immobilier, mais de la concurrence à laquelle elles sont, ou non, soumises, révèle une étude de l’UFC-Que Choisir. Quand un magasin est seul sur une zone, le ticket de caisse affiche une note 20% plus chère, rapporte l’enquête.

Deux mêmes enseignes, des tarifs différents

Ghislain et Corinne en ont fait l’expérience dans la Marne. Le couple a comparé les prix entre deux magasins Leclerc situés autour d’Epernay, l’un à Dizy et l’autre à Pierry. Les deux grandes surfaces proposent les mêmes produits, mais celui de Dizy affiche les tarifs les plus intéressants. "On a fait l’essai à Leclerc Pierry et c’est plus cher qu’à Dizy. Mais à Pierry il n’y a pas de concurrence, il n’y a pas d’autres magasins", explique Corinne.

Et pour afficher les meilleurs tarifs, le supermarché Leclerc de Dizy - le moins cher de France - a une tactique bien huilée. Pierre Kasmi, directeur du supermarché, envoie ses chefs de rayons, relever les prix chez les concurrents pour pouvoir adapter les tarifs de son magasin. "Depuis que Leclerc existe, on va relever les prix, on va se balader, nos chefs de rayons vont à la concurrence pour scanner les prix en rayons et derrière nous nous ajustons", confie-t-il à Europe 1. "Et nos concurrents font la même chose. C’est tout à fait légal", ajoute-t-il.

"On va relever les prix chez nos concurrents" :

A Paris, les différences de prix seraient soumises à une autre explication. Il existerait des ententes entre les différentes grandes surfaces. Erwan Seznec, journaliste à l'UFC-Que Choisir pointe du doigt des tactiques de groupes. Généralement les supermarchés d’un même quartier, appartenant au même groupe, mais affichant des noms d’enseigne différents, "s’entendent sur les prix. Et les gens ne s’en rendent pas compte", constate-t-il. "A Paris, c’est un cas très particulier. Casino contrôle 60% des grandes surfaces et Carrefour près de 20%. Et chacun a ses coins, donc ils ne se font pas concurrence", précise Erwan Seznec.

"Pourtant, poursuit-il, on trouve à Paris des magasins qui pratiquent les même prix qu’en province, notamment dans le domaine de l’électroménager. Donc ce n’est pas le prix de l’immobilier qui explique que les grandes surfaces parisiennes sont 20% plus chères, en moyenne, que celles de province", poursuit-il.

"Ils s’alignent tous les uns et les autres, mais vers le haut" :

A l’avenir, les supermarchés pourront faire évoluer leurs prix quasiment en temps réel grâce à la mise en place de l’étiquette électronique. Un outil qui permettra de faire varier les prix, dans la semaine, pour encourager les clients à venir les jours creux.