Prix de la viande : la grande distribution se défend

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Prix de la viande : la grande distribution se défend
Jacques Creyssel @ AFP
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Face à la colère des éleveurs, un responsable est monté au créneau en assurant que la filière respectait ses engagements.

Montrée du doigt par les éleveurs en colère, la grande distribution a répliqué lundi en assurant qu'elle respectait ses engagements. Plusieurs dizaines d'éleveurs en colère ont commencé lundi matin à bloquer les quatre principaux accès au périphérique de Caen pour protester contre la faiblesse des prix de leurs productions. 

"Une détresse partagée". "Nous avons accepté d'augmenter les prix d'achat de manière importante. La seule chose, c'est que visiblement cet argent ne va pas dans la poche des éleveurs", a déploré lundi le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, Jacques Creyssel sur Itélé en commentant les images d'éleveurs en colère. "Je crois que l'élevage est dans une crise forte (...) et on partage cette détresse", a ajouté Jacques Creyssel. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a accepté de recevoir les éleveurs jeudi à Paris.

Un accord sans effets ? Une réunion de la filière - éleveurs, industriels abatteurs/transformateurs et distributeurs - s'était conclue le 17 juin sur l'engagement à revaloriser les prix d'achats de la viande bovine de 5 centimes par semaine. Mais selon le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, à peine 7 centimes ont été gagnés en un mois.

"Nous avons augmenté comme prévu les prix de 5 centimes chaque semaine, simplement visiblement ça ne redescend pas. Pourquoi ça ne redescend pas? C'est l'opération transparence que nous réclamons aujourd'hui, il faut que ce que nous avons fait se répercute sur les éleveurs", a déclaré Jacques Creyssel soulignant le rôle des intermédiaires "industriels, abatteurs, transformateurs". Selon lui, la grande distribution réalise "une marge négative de 1,5% sur la viande fraîche" et "99% de la viande" vendue en supermarchés et hypermarchés est d'origine française. "Si c'était le cas dans les cantines et dans la restauration ça marcherait mieux", a-t-il estimé.

Les agriculteurs, qui protestent dans toute la France depuis plusieurs semaines, estiment que les trop faibles prix de la viande (porc et boeuf) ne leur permettent pas de couvrir leurs coûts de production.