Pourquoi les marchés restent sceptiques

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Pourquoi les marchés restent sceptiques
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DECRYPTAGE - Les annonces lors du sommet Sarkozy-Merkel ne suffisent pas pour les Bourses.

Paris : - 0,58%. Francfort : - 1,41%. Londres : - 0,78%. Au lendemain des discussions franco-allemandes qui ont abouti à plusieurs propositions politiques, les marchés n'ont pas répondu favorablement mercredi matin à l'ouverture. Au contraire. Pour Nicolas Bouzou, économiste interrogé par Europe 1, les marchés restent sur la défensive en retenant deux motifs d'inquiétude : les chiffres de la croissance et le manque de concret dans les propositions du couple franco-allemand.

"La réunion entre les dirigeants allemand et français a échoué à atténuer les inquiétudes sur la crise de la dette en zone euro", a résumé Ker Chung Yang, analyste chez Phillip Futures à Singapour. "La rencontre n'a pas donné grand chose, pour ne pas dire rien", a commenté Marc Prado, analyste chez Cantor Fitzgerald.

Une croissance décevante

De toute façon, les marchés ne suivent pas que les discours politiques, commente l'économiste Nicolas Bouzou. "Les marchés tiennent aussi compte des chiffres de la croissance. Or mardi, un certain nombre de données sur la croissance dans la zone euro n'étaient pas bonnes. Ce qui inquiète à juste titre les marchés", ajoute Nicolas Bouzou.

L'Allemagne, locomotive de la zone euro a vu sa croissance fortement ralentir à 0,1% au deuxième trimestre. Idem pour la France, qui avait annoncé vendredi que son PIB avait stagné sur la même période. En difficulté, l'Italie et l'Espagne ne sont guère mieux avec respectivement +0,3% et + 0,2% entre avril et juin. Globalement, selon une première estimation d'Eurostat, le PIB de la zone euro n'a augmenté que de 0,2% au deuxième trimestre.

Des effets d'annonces...

Concernant les annonces politiques, les marchés n'ont pas plus été rassurés par les propositions faite à l'Elysée mardi soir. "On attendait la création des eurobonds et l'extension du fonds de soutien européen, ces deux dispositifs n'ont pas été retenus", résume Nicolas Bouzou sur Europe 1. "On a un peu le sentiment de ne pas avoir avancé, bien qu'il y ait une vraie volonté de faire des choses ensemble", ajoute-t-il.

L'économiste tient pour exemple l'instauration du "conseil de la zone euro", annoncé mardi soir. Ce conseil, constitué du conseil des chefs d'Etats et de gouvernement se réunirait deux fois par an et élirait un président stable pour deux ans et demi. Il aurait notamment pour rôle d'instaurer un contrôle des budgets de chaque pays.

Moins de paroles, plus d'actes

Problème : "il y a déjà un conseil des ministres de la zone euro qui existe sous le nom Ecofin et qui n'est pas très efficace parce que les décisions doivent s'y prendre à l'unanimité", pointe Nicolas Bouzou.

"Le problème, il est là. Pas dans la création d'un conseil des ministres européens, par exemple, mais plutôt dans la façon dont on peut rendre ce qui existe déjà beaucoup plus efficace". En clair : moins de paroles, plus d'actes.