Pourquoi l'Italie inquiète les marchés

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Pourquoi l'Italie inquiète les marchés
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Après le résultat des élections, les Bourses s'inquiètent d'une nouvelle crise dans la zone euro.

L'Italie va-t-elle faire plonger la zone euro dans une nouvelle crise ? La panique qui s'est emparée mardi des marchés financiers, après la publication des résultats des élections législatives italiennes, laisse craindre un nouvel affolement des investisseurs. L'instabilité politique créée par l'absence de majorité au Sénat a en effet fait chuter mardi toutes les Bourses de la planète, qui ont perdu entre 1 et 3 % mardi, et près de 5 % à Milan.

>> Pourquoi l'Italie, membre fondateur de l'Union européenne et troisième économie de la zone euro, inquiète-t-elle les investisseurs ? Europe 1 vous livre quelques éléments de réponse.

• Les marchés n'aiment pas le doute. "Les marchés n'aiment pas l'incertitude", confirme Clemente de Lucia, économiste chez BNP Paribas, interrogé par Europe1.fr. "Comme il n'y a pas encore de solution politique, la confiance des investisseurs reste fragile". Conséquence, les Bourses devraient continuer à faire le yo-yo pendant quelques semaines, le temps que la classe politique trouve une issue.

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© Reuters

Les marchés croyaient en l'Italie de Monti. Mais qui reprendra les rênes du pays, et pour mener quelle politique ? Sous la houlette de Mario Monti, l'Italie avait consenti d'importants efforts budgétaires, qui avaient permis de rassurer les investisseurs. En un peu plus d'un an, le "Professore" a réduit les dépenses de l'Etat de 45 milliards d'euros et augmenté les impôts d'autant. "Rome a fait d'énormes progrès sur le plan budgétaire, qui lui permettront cette année de respecter ses engagements en matière de réduction du déficit public", souligne Clemente de Lucia. La possible arrivée au pouvoir de partis moins favorables à l'austérité ravive désormais l'inquiétude des investisseurs.

Ce qui pourrait sauver l'Italie. Malgré tout, l'économiste reste confiant et ne croit pas à un nouvel effondrement des marchés. D'une part, le plus dur en termes d'économies budgétaires a déjà été fait. Même si la nouvelle majorité -qui reste encore à définir- devait choisir de lever le pied sur l'austérité, l'effort déjà consenti permettrait à l'Italie de ne pas voir sa dette s'envoler.

Rome peut également compter sur les mécanismes mis en place en Europe depuis la crise de la Grèce pour contenir un éventuel dérapage de ses taux d'intérêt. En septembre 2012, la Banque centrale européenne a notamment lancé un vaste programme de rachat de dette à des taux faibles, destiné justement à prévenir toute fièvre des investisseurs sur les taux.

Autant d'éléments qui permettent de ne pas craindre de dérapage de la dette italienne. Un avis partagé par les agences de notations. Mercredi matin, Standard and Poor's a ainsi affirmé que l'élection n'aurait "pas d'implications immédiates pour la note de la dette souveraine de l'Italie".