Ports : la grève "fortement suivie"

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Ports : la grève "fortement suivie"
Les grutiers devraient faire partie du mouvement de grève qui perturbe le fonctionnement des principaux ports français ce week-end.@ REUTERS
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Dockers et agents portuaires défendent ce week-end leur régime spécial de retraite.

Tony Hautbois, secrétaire général de la CGT ports et docks, se félicité : l'appel à la grève, lancé par son syndicat, est "fortement suivi". Le leader syndical estime que la situation est "bloquée", car il ne dispose d'"aucune information" du secrétaire d'Etat aux Transports Thierry Mariani.

Tous les ports fermés "totalement ou partiellement"

En attendant, le trafic est très perturbé vendredi dans le port de Marseille-Fos, ainsi qu'au Havre, les deux premiers ports français. "L'ensemble des ports en France resteront fermés totalement ou partiellement pendant quatre jours", a ajouté Tony Hautbois.

Le bras de fer entre les syndicats portuaires et les autorités doit durer jusqu’à lundi. Les organisations syndicales, et notamment la CGT, défendent la prise en compte de la pénibilité de certains métiers dans les conditions de départ la retraite. Un mouvement de grève avait déjà été organisé la semaine dernière et avait fortement perturbé l'activité portuaire.

“Je ne me vois pas travailler jusqu’à 65 ans“

Le principal motif de mécontentement concerne la pénibilité du travail, qui doit permettre une retraite anticipée. Sur ce sujet, grutiers et dockers sont catégoriques : ils demandent un aménagement de leur âge de départ à la retraite. D’autant que leur espérance de vie serait écourtée de 7 ans par rapport à la moyenne, selon un rapport de la médecine du travail.

“Je ne me vois pas jusqu’à 65 ans, plié en deux sur le fauteuil, à faire des conteneurs. Nous, les anciens, ils sont cassés en deux, c’est le vent, le froid, les vibrations. Sur les quais, il y a eu plein de morts, une mauvaise manipulation et on écrase quelqu’un. Il faut être concentré“, explique Gregory, un grutier marseillais.

Trouver un accord compatible avec la réforme des retraites

La CGT veut faire valider un accord trouvé fin octobre avec les organisations patronales, après un autre mouvement de grève. Cet accord devait permettre des départs à la retraite quatre à cinq ans avant l'âge légal pour 5 à 6.000 travailleurs portuaires, avec un financement reposant sur la branche mais également sur des fonds publics.

Mais cet accord a été signé avant la dernière réforme des retraites et le secrétaire d’État chargé des Transports, Thierry Mariani, espère le modifier. Le gouvernement a donc demandé à l'Union des Ports de France (UPF, dont l'Etat est l'actionnaire unique), qui représente les sept grands ports maritimes, de reprendre des négociations sur la pénibilité "dans le cadre défini par la loi de novembre 2010 portant réforme des retraites".