Pôle emploi ne permet pas toujours de trouver...un emploi

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Pôle emploi ne permet pas toujours de trouver...un emploi
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FACT-CHECKING - Pôle emploi publie près de 3 millions d’offres chaque année. C’est autant que le nombre de chômeurs. Mais... 

Le gouvernement n’en démord pas : la courbe du chômage va s’inverser avant la fin de l’année. Alors que le ministère du Travail s’apprête à publier les chiffres de novembre, Europe1.fr s’est penché en détail sur les offres proposées par Pôle emploi. Objectif : vérifier si l’institution permet aux chômeurs de retrouver le chemin du travail. La conclusion est en demi-teinte. Une offre sur deux réussit à trouver preneur, mais certains secteurs éprouvent d’importantes difficultés pour recruter, quand d’autres ne peuvent absorber les chômeurs sans cesse plus nombreux.

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© MAXPPP

Il y a autant d’offres que de chômeurs, mais… En 2012, près de 400.000 entreprises ont déposé au total trois millions d’offres, selon les chiffres de Pôle emploi auxquels a eu accès Europe1.fr. Le travail des conseillers est ensuite de mettre en relation l’offre et la demande, ce qui a permis 22 millions de "contacts", selon Pôle emploi. Au final, 1,6 million d’embauches ont été rendues possibles. Un chiffre qui oublie cependant une partie de la réalité, tient à expliciter l’administration : "Si la personne voit l’annonce sur le site, rencontre sans intermédiaire le recruteur et a le poste, elle n’est pas comptabilisée". Pôle emploi estime ainsi que les offres carrément annulées faute de candidat potentiel représentent seulement 4% des offres déposées.

Là où il y a de la "tension" sur le marché du travail. La "tension sur le marché du travail", c’est le rapport entre le nombre d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi et les entrées de nouveaux inscrits au chômage. Quand le nombre de chômeurs augmente plus vite que les offres mises à disposition, la tension diminue. A l’inverse, lorsque les entreprises proposent plus d’emplois qu’il n’y a de personnes qui en cherchent, la tension augmente. Et c’est ce qui se joue dans le BTP : le secteur proposait au troisième trimestre des emplois et le chômage a reculé.
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© Maxppp

Le nombre d’offres pour la catégorie "conducteurs d’engins du bâtiment et des travaux publics" a augmenté de 22% par rapport au trimestre précédent, et le nombre d’inscrits à Pôle emploi a reculé de 1%. Du côté de l’industrie en revanche, les tensions diminuent, ce qui est mauvais signe. Le repli observé ce trimestre résulte d’une diminution des offres d’emplois sur les métiers industriels de 6%, accompagnée d’une hausse des demandeurs d’emploi de 2%. Sur un an, la tension sur le secteur a diminué de 22%. Dans le tertiaire, la tendance est la même : une baisse de tension de 15%. La Dares montre que les secteurs les plus en difficultés touchés sont les "études et recherches" avec une baisse de 36%, le "transport, logistique et tourisme", qui diminue de 22%, et le secteur de l’hôtellerie, en recul de 19%.Pourquoi de tels problèmes de recrutement ?Pôle emploi a identifié quatre grands facteurs pour expliquer ces difficultés : un décalage entre les compétences attendues et les compétences disponibles (diplôme, expérience demandée, situation géographique, savoir être…), un problème de communication qui empêche les employeurs de trouver les bons candidats, l’inexpérience des recruteurs et enfin la faible attractivité de certains secteurs (comme la boucherie) ou de certains territoires (régions sinistrées).
978x489 LeLab - Le tweet maladroit de Pôle Emploi
Pôle emploi a donc lancé un vaste programme de démarchage afin de collecter, directement dans les entreprises, le plus large éventail possible d’emploi. "Nous réalisons 400.000 prospections en entreprises, c'est-à-dire que les conseillers vont en entreprises pour collecter des offres ou proposer des profils de candidats qui correspondent à leur secteur d’activité. A cela s’ajoutent des partenariats au niveau national avec des entreprises, des fédérations et du démarchage par téléphone et emails", assure l’institution. Rendez-vous dans quelques mois pour vérifier si la croissance et les créations d’emplois permettront d’inverser durablement la courbe. 

>> Retrouvez l'interview de David Abiker, ancien DRH de la Monnaie de Paris :


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