Plan logement : les bailleurs sociaux dans le viseur du gouvernement

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Le gouvernement pourrait baisser les APL dont bénéficient les locataires du parc HLM, en contraignant les bailleurs sociaux à réduire d'autant leurs loyers. Mais la situation des organismes HLM français varie beaucoup.

L'ENQUÊTE DU 8H

Le gouvernement présente officiellement mercredi sa "stratégie" pour le logement. Parmi les points les plus sensibles, la réforme des APL. Cette aide au logement doit baisser de 5 euros par mois à partir du 1er octobre. Mais le gouvernement veut aller encore plus loin pour les locataires du parc HLM. Il envisage de baisser le montant de cette aide de 50 euros voire 60 euros par mois, en contraignant les bailleurs sociaux à réduire d'autant leurs loyers.

Les organismes sociaux s'y opposent. Pour l'heure, impossible de dire comment ce changement va s'opérer. Les organismes HLM ne sont pas du tout d'accord sur le principe. Ils trouvent injuste que l'effort pèse uniquement sur le logement social alors que c'est dans le privé que les APL sont accusées de faire grimper les prix.

Tous les locataires HLM concernées ? Selon eux, baisser le loyer des personnes vivant en HLM pose une première question. Un locataire HLM sur deux ne touche pas les APL. Faut-il alors aussi baisser leur loyer ?

Des moyens inégaux. Une autre question soulevée est celle des moyens. Sur le papier, les HLM peuvent faire "ces efforts". Ils possèdent entre 7 et 11 milliards d'euros de réserve. Mais la situation varie en fonction des organismes HLM, qui sont plus de 700 en France, et tous avec une situation financière différente. L'organisme de Puteaux, par exemple, est excédentaire alors que l'office de Sarrebourg, en Moselle est lui au bord de la faillite. Depuis 4 ans, les offices HLM les plus riches ont donné jusqu'à 350 millions d'euros aux plus pauvres. Mais le système reste très opaque.

Un problème pour la construction. Par ailleurs, les offices HLM assurent que si le gouvernement décide de limiter les loyers, ces derniers ne pourront plus construire de nouveaux logements. De quoi poser problème dans certaines villes comme Paris ou sur la Côte d'Azur, des coins où il manque cruellement de logements sociaux. En revanche, des milliers de logements sont libres dans des villes où le marché est moins tendu. C'est le cas par exemple à Gien, près d’Orléans.