Plan anti-déficit : qui va payer quoi ?

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Plan anti-déficit : qui va payer quoi ?
@ Capture d'écran i-Télé
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Le Premier ministre a dévoilé mercredi un plan de 11 milliards d'euros de réduction des déficits.

C'est un virage fondamental de la politique économique française. François Fillon a annoncé mercredi, lors d'une conférence de presse à Matignon, une série de mesures marquant un tournant vers la rigueur pour l'Etat français. C'est "une politique rigoureuse pour permettre à la France de rester souveraine sur l'économie et le social", a déclaré le Premier ministre, qui avait déjà dit la "faillite" de la France, dès 2007.

Les prévisions de François Fillon

Les économies que la France devrait réaliser seraient d'1 milliard d'euros dès 2011 puis 11 milliards d'euros en 2012. François Fillon a fait l'ambitieux pari d'un déficit public réduit plus que prévu en 2012, à 4,5% du PIB au lieu de 4,6%. Il anticipe néanmoins pour cette année et l'an prochain une croissance plus basse que prévu, à seulement 1,75%. Le FMI tablait en juillet dernier sur une croissance de 1,9%.

"Le seuil de tolérance à l’endettement est désormais dépassé", a commencé François Fillon, pour justifier son plan de rigueur, arguant du "ralentissement de la croissance européenne au 2e trimestre" 2011. Mais il a tenu à le préciser, la rigueur française a "peu de choses à voir" avec celles promulguées récemment par des pays comme l'Italie ou la Grèce.

Le Premier ministre en a profité pour tacler l'opposition au passage, l'accusant d'un manque de "rigueur intellectuelle". "Ignorer les conséquences de la plus grave crise économique depuis un demi-siècle sur les finances publiques, refuser d'admettre la responsabilités des gouvernements de droite et de gauche sur le creusement des déficits depuis 35 ans, ce n'est pas une preuve de sérieux", a-t-il ajouté. Pour lui, "sans cette crise nous serions sans doute à l'équilibre".

Les mesures de la rigueur

Néanmoins, de nombreuses mesures d'austérité ont été égrenées par François Fillon, qui a annoncé un nouveau coup de rabot sur les niches fiscales, cette fois de 10%.

Première mesure d'austérité, la hausse de 6% des prix du tabac, qui devrait être effective dès 2011. Une taxation supplémentaire devrait être mise en place "sur l'alcool et sur les boissons dans lesquelles on ajoute du sucre", a ajouté le Premier ministre.

Pour réduire le déficit, une mesure politique : la taxation des riches. Les plus hauts revenus devront verser à l'Etat une contribution exceptionnelle de 3% sur les revenus fiscaux de référence supérieurs à 500.000 euros. Une taxe qui devrait néanmoins être supprimée à l'horizon incertain où le déficit public atteindra 3%.

Par ailleurs, François Fillon l'a martelé, pas question de remettre en cause la loi Tepa, symbole fort du quinquennat Sarkozy. Mais, si "les salariés continueront à bénéficier des abattements fiscaux", il propose "d'intégrer les heures supplémentaires dans le calcul des allégements généraux de charges de façon à préserver les avantages sociaux et fiscaux des heures supplémentaires, tout en limitant les effets d'aubaine et d'optimisation pour les entreprises".

S'ajoute à cette série de mesures d'économies, la hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital. Ils passeront "de 12,3 à 13,5%".

Et la réforme de la dépendance, qui devait marquer l'année 2011, est une nouvelle fois reportée, à "début 2012". "Traiter ce dossier dans le contexte économique et financier que nous connaissons aujourd'hui, dans l'urgence, ne serait pas responsable", a justifié François Fillon.

Pour 2011, les mesures seront présentées en Conseil des ministres mercredi prochain et examinées par le parlement lors de la session extraordinaire qui débute le 6 septembre.

François Fillon continuera à assurer le service après-vente du plan de rigueur gouvernemental, invité mercredi soir au 20 Heures de TF1.