Petroplus : le temps presse désormais

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Petroplus : le temps presse désormais
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Lundi soir, il n'y avait "pas d'offre de reprise". Mais Arnaud Montebourg a laissé une porte ouverte.

Les dernières infos. Dernière ligne droite pour les salariés de Petroplus. Il ne reste plus que quelques heures à d'éventuels repreneurs de la raffinerie de Petit-Couronne, en Seine-Maritime, pour faire une offre. Et lundi soir, il n'y avait pas de proposition "de reprise ferme et définitive", a assuré une source proche du dossier. Mais alors que Matignon avait prévenu lundi soir que les perspectives restaient sombres, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est montré plus optimiste mardi matin, assurant que l'Etat était prêt à une prise de participation "minoritaire".

Le gouvernement est pessimiste... Lundi soir, à l'issue d'une réunion entre l'intersyndicale et les conseillers du Premier ministre, Matignon n'avait pas occulté l'hypothèse d'un échec. "C'est un dossier difficile sur lequel l'Etat s'est beaucoup mobilisé mais les chances de succès sont limitées.Nous avons évoqué comment serait financé un plan social dans l'hypothèse où le tribunal ne jugerait aucune offre crédible", a-t-on indiqué dans l'entourage du Premier ministre.

... mais fait un geste. Mais "limité n'est pas impossible", a rétorqué Arnaud Montebourg sur RTL. Si un repreneur investissait pour sauver l'usine, l'Etat pourrait  le soutenir a indiqué le ministre. L'éventuel repreneur "investira certainement aux côtés de l'Etat, car nous sommes disponibles pour accompagner un offreur". L'Etat est disposé à participer "de façon minoritaire" dans la reprise, "parce qu'il faut des capitaux très importants pour réinvestir et rendre cette raffinerie performante", a-t-il assuré.

Un repreneur libyen ? Les dossiers peuvent encore être déposés jusqu'à 17 heures mardi pour sauver la raffinerie et ses 470 emplois. Arnaud Montebourg a indiqué mardi matin que que le gouvernement attendait "plusieurs offres" de reprise. La piste d'un repreneur libyen reste sérieuse, a-t-il ajouté. D'autant que le ministre souhaite que le repreneur provienne d'un pays producteur de pétrole. "Les pays producteurs ont intérêt aujourd'hui, alors que la production reprend (...) qu'ils veulent se repositionner sur le marché européen à chercher des lieux de raffinage à proximité de la distribution", a-t-il affirmé.

La raffinerie, qui a déposé son bilan le 24 janvier 2012, a été autorisée à plusieurs reprises à poursuivre son activité par le tribunal de commerce de Rouen. Mais début janvier, François Hollande s'était déjà montré prudent : "Il est difficile de trouver un repreneur, mais l'État doit prendre sa part de responsabilité et accompagner le repreneur", avait-il déclaré, précisant que "l'État ne peut pas être le repreneur".