Petroplus: faux bond du candidat égyptien

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Petroplus: faux bond du candidat égyptien
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Le repreneur égyptien, qui avait les faveurs du gouvernement, jette l'éponge.

L'avenir s'assombrit pour les salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. L'usine, menacée de fermeture depuis début 2012, doit trouver un repreneur avant le 16 avril sous peine de fermer ses portes. Mais le principal dossier à l'étude, celui de l'égyptien Arabiyya lel Istithmaraat, soutenu par le gouvernement, vient de tomber à l'eau.

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• Les raisons d'un abandon. Selon la société égyptienne, les délais consentis pour finaliser le dossier de reprise auraient été trop courts. Dans un communiqué de presse, elle souligne "la grande complexité" du dossier et le "peu de temps imparti (…) pour en maîtriser les risques et présenter un projet industriel viable". Toutefois, d'après les syndicats, Istithmaraat n'a jamais vraiment été intéressé par une reprise. "Dès le départ, en passant trois heures à Paris avec leurs représentants, j'ai bien vu qu'il n'y avait aucune volonté d'aller de l'avant", explique ainsi Yvon Scornet, porte-parole de l'intersyndicale de Petroplus.

Coup dur pour le gouvernement. Pour l'exécutif, qui avait dès le début apporté son soutien à Istithmaraat, l'abandon du projet de reprise est un coup dur. Du côté du ministère du Redressement productif, on reconnaît volontiers que le dossier de reprise est "extrêmement difficile". "Le gouvernement a fait tout ce qu'il pouvait pour les accompagner (les égyptiens, ndlr)", regrette une porte-parole du ministère. "Ils retirent leur offre, mais s'agissant de Petroplus, nous nous battrons jusqu'au bout pour essayer de trouver une solution."

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D'autres candidats toujours en piste. Pas question en effet de baisser les bras. Trois autres entreprises, jugées "sérieuses" par le tribunal de commerce, sont toujours en lice pour reprendre  la raffinerie. Il s'agit du Dubaïote NetOil, du Suisse Terrae International et du Lybien Murzuq Oil. Ces deux derniers ont d'ailleurs annoncé jeudi qu'ils préparaient une co-entreprise, baptisée Murzuq France, pour racheter ensemble Petit-Couronne. Les deux directions ont demandé à rencontrer François Hollande rapidement, pour évoquer les points qui restent en suspens.