Peine de mort pour les enfants aux Maldives : qu’en disent les tours operateurs ?

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Peine de mort pour les enfants aux Maldives : qu’en disent les tours operateurs ?
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TOURISME – La peine de mort, de nouveau applicable dès 7 ans dans l’archipel. Une décision qui fait de l’ombre à ce paradis.

Tous les ans, des milliers de touristes affluent aux Maldives pour profiter du climat et des paysages paradisiaques de l’archipel situé dans l’océan indien. Pourtant, le pays applique la charia de manière très stricte et a rétabli en avril dernier la peine de mort, applicable dès 7 ans, après un moratoire de 60 ans. Et ce, dans l’indifférence quasi générale des grands pays. Seules l’ONU, l’Unicef et Amnesty international se sont émues de cette grave atteinte au droit international, ainsi qu’une partie des internautes, suite à l’appel au boycott lancé mardi sur RMC par Jacques Maillot, fondateur de Nouvelles Frontières. Or, un adolescent de 16 ans, accusé de meurtre mardi, pourrait être condamné à la peine capitale. De quoi soulever des interrogations sur le positionnement des tours opérateurs.

Un pays dépendant de la France et du tourisme. La France, à l’instar des autres grandes puissances, est restée muette sur le sujet, et aucune information sur le site de l’ambassade n’évoque pour le moment le sujet. Pourtant, selon les données du ministère des Affaires étrangères, Paris est le premier partenaire économique du pays (18,6% des exportations) et son économie repose à plus de 80% du service, essentiellement le tourisme. Or, selon le Quai des Orfèvres, 56 000 visiteurs français se rendent chaque année dans l’archipel (5,7% de l’ensemble des touristes). Une manne pour les professionnels du secteur, obligés de jouer les équilibristes entre condamnation de cette politique et garantie de revenus réguliers. Et pour cause, Godefroy de Becdelièvre, PDG fondateur de Marco et Vasco rappelle à Europe 1 que les Maldives sont une destination qui assurent des emplois tant en France, que sur place. "J’ai des équipes dédiées pour l’archipel", souligne le PDG.

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© Vanessa Zhâ


La promotion d’un tourisme responsable. Jacques Maillot, le fondateur de la société Nouvelles frontières, mais qui n’est plus président du groupe, a lancé mardi sur RMC, un appel au boycott du pays et appelé ses pairs à "une action immédiate". Loin de se montrer aussi vindicatifs, les tours operateur, qui développent la notion de tourisme responsable, préfèrent jouer la pédagogie. "Nous avons pris la décision de déconseiller la destination à nos clients dans nos 43 points de vente Look Voyages ainsi que sur nos sites Internet", assure à Europe 1 Patrice Caradec, PDG de Transat France. Même son de cloche chez Marco et Vasco : "Nous allons prévenir nos clients, mais nous n’interdiront pas à ceux qui le souhaitent d’y aller", confirme Godefroy de Becdelièvre.

L’espoir d’un recul des autorités. Patrice Caradec, le patron de Transat France le reconnait toutefois : "Si les vacanciers embrayent dans cette démarche, cela pourrait effectivement avoir un impact économique sur le pays et motiver les instances gouvernementales maldiviennes à faire machine arrière". Godefroy de Becdelièvre se souvient d’un précédent : les Maldives avaient interdit en janvier 2012 les spas, évoquant la lutte contre la prostitution, mais avaient finalement reculé une semaine après, craignant l’impact sur le tourisme.

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