Patates : un petit producteur part en guerre

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Patates : un petit producteur part en guerre
@ Max PPP
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Un petit producteur de pommes de terre attaque le tout puissant CNIPT pour contester les critères d’attribution des appellations pour le féculent.

David contre Goliath. La pomme de terre est soumise à une "grille de segmentation culinaire" et chaque case rapporte plus ou moins d’argent au producteur. Tout en haut de la pyramide de féculent se trouve le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), qui a tout pouvoir pour donner les appellations. Or, selon le petit producteur Van Rijn France, le CNIPT serait coupable d’entente et d’avoir posé une barrière à l’entrée sur certains marchés. Il a donc fait appel à la DGCCRF (répression des fraudes) qui va enquêter sur cette très sérieuse affaire, révèle Le Figaro.

Des appellations qui valent de l’or. Le collecteur de plan reproche au comité  de ne pas reconnaître les variétés qu'il développe, "Pépite" et "Printaline", dans la catégorie "vapeur/à l'eau". Or, le consommateur ne paie pas le même prix si sa patate est destinée à la cuisson au four ou au potage (0,81 euro le kilo) ou à la vapeur (1,14 euro le kilo).

Un comité aux petits soins pour les grands ? Les règles de la concurrence doivent s’appliquer à tous et selon le Van Rijn France, le CNIPT a posé des barrières à l’entrée du marché en appliquant des critères subjectifs à l’obtention de certaines appellations. Le producteur dénonce notamment le critère "chair ferme". Selon Marc Hoogterp, patron de Van Rijn France, cité par le quotidien, seuls les plus puissants des obtenteurs (créateurs de variétés de pomme de terre) sont capables d'investir pour atteindre les critères agronomiques exigés pour l'estampille "chair ferme". Autre point, la grille favoriserait d'importants négociants, en figeant le marché, ce qui est considéré comme une entente.

Un précédent au CNIPT. La DGCCRF va enquêter et a le pouvoir de sanctionner. Elle peut aussi transmettre le dossier à l'Autorité de la concurrence. Celle-ci a déjà condamné le CNIPT en 1995 pour avoir fait "obstacle à la distribution au détail de pommes de terre autorisée par la réglementation". Le comité avait essayé d'empêcher la commercialisation de pommes de terre au calibre compris entre 35 et 40 millimètres, afin de n’autoriser que celles de plus de 40 millimètres.

Un secteur de taille. "Il y a environ 25.000 producteurs de pommes de terre en France, dont 10.000 pour qui c’est une culture importante", affirme le site du CNIPT. La France est le troisième producteur européen en volume et 80% des vents sont faites en supermarché.