"Panama Papers" : pour l’ancien président du Crédit Lyonnais, "le problème est d’abord politique"

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Le banquier Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais, a critiqué les "défaillances" de l’Europe et du pouvoir politique français. 

INTERVIEW

La "tornade" des "Panama Papers" a emporté le Premier ministre islandais. Sigmundur David Gunnlaugsson a annoncé mardi qu’il allait démissionner, après que son nom a été cité dans ces révélations mondiales sur la finance "offshore". Dans le même temps, la France a annoncé sa décision de réinscrire le Panama sur la "liste noire" des Etats et territoires non coopératifs (ETNC) en matière fiscale. Le banquier Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais, a lui pointé du doigt l'impuissance des politiques pour lutter contre les paradis fiscaux. 

"Le problème est d’abord politique. Si on veut lutter contre les paradis fiscaux, on peut les supprimer demain. Ça a beaucoup reculé, on a fait beaucoup de progrès. Mais Panama est un des derniers endroits où il y a encore une tolérance pour ce genre de mœurs", a expliqué l'auteur de Journal d'un sauvetage (éd. Albin Michel), mardi soir au Club de la presse d'Europe 1.

"Une défaillance majeure de l'Europe et du pouvoir politique français." L'ancien président du Crédit Lyonnais a vivement critiqué les autorités européennes et françaises, qu'il rend pour partie responsable de la course à l'optimisation fiscale. "Le problème est l’utilisation des différences de fiscalité d’un pays à l’autre. Pour moi, la réponse est politique. Il y a une défaillance majeure de l’Europe et du pouvoir politique français. Il y aura toujours de l’optimisation fiscale tant qu’il n’y aura pas d’harmonisation fiscale. Le jour où il y a une harmonisation fiscale, il n’y a plus d’optimisation fiscale. L’harmonisation fiscale est une nécessité de salubrité citoyenne", a assuré Jean Peyrelevade. 

"Il ne faut pas généraliser" toutes les banques.Une banque française, la Société générale, a également été citée dans ce scandale. L'établissement français fait partie des dix banques qui, en partenariat avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca, ont le plus fait appel à des sociétés offshores pour leurs clients. "Il ne faut pas généraliser. Il y a des milliers de banques dans monde, et il y a une minorité qui a pratiqué la facilitation de la fraude fiscale pour élargir leur fonds de commerce", a conclu l'ancien président du Crédit Lyonnais.