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C. Bl
Face à l'arrivée de la concurrence, la SNCF doit améliorer sa compétitivité a estimé lundi sur Europe 1 Jean-Claude Favin-Lévêque, ancien cadre dirigeant de la SNCF. 
INTERVIEW

Les salariés de la SNCF seront en grève mardi contre un plan de réorganisation du groupe face à l'arrivée de la concurrence. "Un grand chamboulement" qui doit arriver d'ici 2020, estime Jean-Claude Favin-Lévêque sur Europe 1. Après l'ouverture de la concurrence au transport de marchandise, la création de "l'espace ferroviaire européen" en est à sa dernière étape. "Le dernier élément qui est à ouvrir à la concurrence c'est le transport de voyageurs. Il y a le secteur de voyageurs grande ligne qui est majoritairement celui du TGV et celui du train subventionné, les TER et TED (trains départementaux)", explique l'ancien dirigeant. 

La concurrence de la route déjà présente. Pour Jean-Claude Favin-Lévêque, en l'état, la SCNF n'est pas prête à faire face à la concurrence et doit évoluer. "Il y a des choses à changer au niveau de la SNCF : améliorer sa compétitivité, sa productivité par rapport aux autres opérateurs ferroviaires qui sont susceptibles de venir en France", assure-t-il. Car la concurrence est multiple et déjà présente. "Aujourd'hui la SNCF est concurrencée par la route, par le car, par le covoiturage. D'ici 20 ans, la voiture sera propre, autonome et sera sûre. Aujourd'hui l'entreprise est organisée en situation de monopole, il faut donc évoluer", poursuit-il. 

Pas de "sacrifice d'acquis sociaux". Les salariés en grève mardi dénoncent une atteinte à leurs conditions de travail. Pour Jean-Claude Favin-Lévêque, l'évolution de la SNCF, "ce n'est pas un sacrifice d'acquis sociaux". "Je ne pense pas que ça se pose comme ça. Productivité ne veut pas dire travailler plus, ça veut dire travailler autrement. ǐa veut dire mettre en oeuvre des moyens qui sont plus modernes", réclame-t-il.