Opération transparence sur l’immobilier

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Opération transparence sur l’immobilier
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Un nouvel indice des prix de l’immobilier est en préparation pour éviter la cacophonie des chiffres.

Mi-avril, les spécialistes du l’immobilier ont publié les chiffres du secteur pour le premier trimestre 2010 : - 1,4% selon la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), +1,09% selon le réseau Century 21.

Face à ces chiffres contradictoires, difficile de s’y retrouver. Benoist Apparu, secrétaire d'Etat chargé du Logement, dénonçant un "trop plein" de statistiques sur le marché, a donc confié une mission au Conseil National de l’Information Nationale (CNIS), sous l’égide de Bernard Vorms, qui a présenté son rapport début avril.

"Cacophonie des chiffres"

Le groupe de travail "a fait un état des lieux. Il y a une cacophonie des chiffres sur l’évolution des prix du logement", explique Jean-Louis Lheritier, chef de département à l’Insee et membre de la mission du CNIS, joint par Europe1.fr.

Après avoir auditionné près de 70 personnes, le CNIS a invité tous les acteurs du secteur a détailler comment ils calculent l'évolution des prix de l'immobilier ancien. Chacun peut donc continuer à produire des chiffes, mais doit en expliquer l’origine.

A chacun son mode de calcul

"Le consommateur ne s’y retrouve plus, je veux bien le croire", reconnaît René Pallincourt, joint par Europe1.fr. Le président de la Fédération Nationale de l’Immobilier (Fnaim), dont la profession a été prise à partie suite à cette cacophonie de chiffres et les accusations de manipulation du marché, se justifie : "Notre observatoire a été créé en 1995, nous disposons d’un peu plus de un million de références, et de 5.000 nouvelles références par an". " Nous allons publier courant mai notre méthode statistique", ajoute-t-il.

La cacophonie des chiffres publiés trouve son origine dans les méthodes de collecte. Alors que les notaires fournissent des statistiques basées sur les contrats de vente, les agences immobilières se basent sur les compromis de vente. Parfois dans l’erreur, les agences immobilières sont en avance sur les notaires : "En les décalant de 3 mois, nous avons des lignes parfaitement parallèles avec celles des notaires", avance-t-il.

Un nouvel outil statistique courant 2011

Pour mettre tout le monde d’accord, l’Insee, qui fait office d’arbitre impartial, va créer une nouvelle statistique, basé sur les avant-contrats réalisés par les notaires. Un changement qui devrait permettre de gagner 3 mois d’avance sur les actuels chiffres de l’Insee.

"Nous manquons de fraîcheur", reconnait Pierre Bazaille, joint par Europe1.fr. Notaire dans le grand Lyon et président de l’Institut notarial de l’immobilier, il annonce :"Fin 2011, cette nouvelle base de données devrait être opérationnelle en Ile-de-France, avant de s’appliquer à la France entière courant 2011".

Mais pourquoi demander aux notaires des chiffres plus réactifs, alors que les agences en produisent ? Car les notaires sont des agents assermentés, moins tentés par la fraude. La Fnaim y voit plutôt la persistance du "tandem Insee-notaires. L’Insee est une grande dame et elle n’entend pas partager ses analyses avec le secteur privé", regrette René Pallincourt.

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