Offres d'emploi cherchent candidats

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Offres d'emploi cherchent candidats
En 2012, près de 700.000 offres d'emploi risquent de ne pas trouver preneurs.@ MAXPPP
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REPORTAGE - Beaucoup d'offres ne trouvent pas preneurs, notamment dans l'agro-alimentaire.

C'est un chiffre étonnant. D'après l'enquête annuelle de Pôle emploi publiée jeudi, les entreprises projettent d'embaucher quelque 1,6 million de salariés en 2012. Et pourtant, ces offres d'emploi risquent de ne pas trouver preneurs, malgré un nombre croissant de chômeurs.

Les intentions de recrutement des employeurs sont en hausse de 4,3% par rapport à 2011, selon l'enquête Besoins en main-d'œuvre réalisée avec le concours du Crédoc. Des offres d'emploi qui visent à répondre à un surcroît d'activité ponctuel, créer un poste ou remplacer un départ, aussi bien dans le privé que dans le public. Mais alors qu'en France, le taux de chômage frôle les 10%, près des trois quarts des prévisions d'embauches butent sur d'importantes difficultés de recrutement. Ainsi, quelque 684.600 emplois potentiels pourraient ne pas trouver preneurs en 2012. Une hausse de cinq points par rapport à 2011.

"Les métiers manuels sont dévalorisés"

Les plus gros bassins recruteurs se situent en Ile-de-France et autour des grandes agglomérations comme Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, ou  Nice. Et parmi les secteurs qui recrutent le plus, on compte l'agriculture et l'industrie agro-alimentaire. Deux secteurs qui ont beaucoup de mal à trouver de la main d'œuvre, comme le confirme Philippe Archassal, au micro d'Europe 1.  Il travaille à Rungis, près de Paris, pour une association d'employeurs, qui vient d'être créée afin de recruter du personnel, pour une quarantaine d'entreprises qui travaillent sur le marché de gros.

"Caissier-facturier, chauffeur-livreur, administrateur ventes-export, vendeur d'œuf, comptable, aide-comptable, préparateur de commandes, réceptionneur de marchandises", énumère  Philippe Archassal, les yeux rivés sur son ordinateur. Des postes qui sont à pourvoir immédiatement, et tous en CDI, comme la moitié des prévisions d'embauche nationales.

4.000 postes, zéro candidat

Les deux salariés du groupement des employeurs sont submergés par les demandes des entreprises. "C'est tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, voire toutes les heures", déplore Philippe Archassal, au micro d'Europe 1. En déplacement dans une entreprise pour "régler un problème administratif", il raconte être revenu avec encore deux postes à pourvoir le matin-même. Des offres qui ont du mal à trouver des candidats. Et pour cause, les métiers de bouche et les métiers manuels ont une image dévalorisée.

La saison des fruits à noyau, comme les pêches et les abricots commençant en juin prochain, les offres d'emploi vont se multiplier. Et pourtant, chaque année, à Rungis, quelque 4.000 offres d'emploi ne sont pas pourvues. Certaines d'entre elles sont à consulter ici www.rungisge.fr.